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[CANDIDE]

Message par m.j.f le Ven 20 Oct 2006, 20:49

Comme le Titre l'indique, ce Topic est Le Salon de "Candide ou l'optimisme"

C'est ouvert ^^


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_________________________________________________


Bravo , rougga.

Lien direct à cliquer dessus :
http://www.cdrnet.net/kb/data/FR_Voltaire.asp

__________________________
Dans ce site, Vous trouverez:

1. Personen (personnages de l'oeuvre)

2. Inhalt (kurz) (Contenu (petit résumé))

3. Inhalt (ausführlich) (Contenu (en détail) :résumé des chapitres)

4. Themen und wichtige Textstellen ( Thèmes et parties de texte importantes )


¤Optimisme
¤L’Eldorado
¤Les voyages
¤La conquête de l’indépendance
¤Un nouveau mentor
¤Le motif amoureux
¤La métairie
¤Le jardin
¤La victoire de l’esprit critique
¤La carte du monde voltairien
¤La Forme de Candide
¤Les procédés de la satire
¤Le conte philosophique est ironique
¤la parodie (se moquer, imiter)




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tolérance dans candide

Message par fatine_89 le Dim 29 Oct 2006, 11:50

svp si kelkun de vousa un sujet sur (la tolérance dans loeuvre de candide ) farao c un exposé ke mon prof ma demande pour la semaine prochaine merci d'avance




Réponse:

Teacher2 a écrit:As-tu essayé içi ? :
http://www.cdrnet.net/kb/data/FR_Voltaire.asp

___________________________
http://pages.globetrotter.net/pcbcr/tolerance.html


___________________________
Qu'est ce que la tolérance?

Lorsqu'en 1764, dans son Dictionnaire philosophique, Voltaire posait la question: «Qu'est-ce que la tolérance?», ses contemporains pouvaient l'interpréter à la lumière de l'acte d'accusation que le philosophe avait dressé, un an plus tôt, contre les juges de Toulouse. Ils pouvaient aussi retrouver dans cet article une revendication forte, celle d'octroyer à tous la liberté de conscience et d'opinion formulée dans le Traité sur la tolérance.

La question ne manque pas de se reposer aujourd'hui dans toute son acuité. Devant la montée des extrémismes et le développement de la xénophobie auxquelles est confrontée notre époque, on est tenté d'invoquer l'idéal que Voltaire avait prôné et défendu face à un exemple monstrueux d'intolérance. Encore faut-il s'interroger sur l'actualité de ces conceptions: dans quelle mesure peuvent-elles être reprises dans les débats contemporains? On peut en effet se demander si, dans des conditions socio-historiques différentes et des cadres de pensées autres, la notion de tolérance, les interrogations et les luttes qu'elle a suscitées au siècle de Voltaire, ont gardé le même sens. Pour répondre à cette question, il est intéressant d'examiner des positions qui, se réclamant le plus souvent de l'héritage des Lumières, ont tenté de reprendre et de discuter la question de la tolérance en situant résolument le problème éthique par rapport à un cadre de pensée socio-politique.

_______________________________
Définition de la tolérance:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tol%C3%A9rance
svp , change le titre candide par
Tolérance dans Candide
Merci.


Dernière édition par le Mar 19 Déc 2006, 12:24, édité 1 fois

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Re: [CANDIDE]

Message par m.j.f le Dim 29 Oct 2006, 14:30

Biographie:
Voltaire fut un bel esprit, un grand maître du genre satyrique.Son vrai nom est François-Marie Arouet dont Voltaire est l'anagramme.

Il né à Paris en 1694, fils d'un notaire fortuné. Il perd sa mère dès l'âge de 7 ans. Il fit ses études chez les Jésuites au Collège Louis-le-Grand à Paris, où il étudia les auteurs classiques et la philosophie.

1694-1726: Jeunesse tumultueuse
Sous la Régence, Voltaire se fit connaitre comme bel esprit et poète des salons littéraires parisiens. Libertin et impertinent, il critiqua le Régent qui le mit à la Bastille dont il sortit en 1718. Il y écrivit un long poème héroïque "La Henriade" qui dénonce les atrocités commises pendant les guerres de religion du XVIe siècle.
Voltaire était célèbre comme auteur dramatique: Il présenta "Oedipe" à la Comédie-Française en 1718.

En 1726, Voltaire fut publiquement humilié et battu par un grand seigneur à qui il avait dit: "Monsieur mon nom commence où le votre s'arrête!". Il fut à nouveau embastillé et exhilé.

1726-1734: Exil en Angleterre + retour en France
Voltaire vécut en Angleterre jusqu'en 1728. Là, il découvrit les pièces de Shakespeare et les philosophes comme Newton et Bayle. Il publia en 1734 "Les Lettres Philosophiques ou Lettres Anglaises" qui vantent la tolérance et le libéralisme des anglais. Il écrivit aussi "L'Histoire de Charles XII" et des tragédies.

1734- 1749: Voltaire à Cirey et à Paris
Voltaire vécu 10 ans au château de Cirey près de la Lorraine, avec sa maitresse, Madame du Châtelet qui traduisait l'oeuvre de Newton. Il écrivit "Zadig" (1748), des poèmes, et des pièces de théatre comme "Mérope" et "Mahomet".

1750-1753: Voltaire chez Frédérique roi de Prusse
A la mort de madame du Châtelet, Voltaire accepta l'invitation de Frédéric II de Prusse. Le roi aimait le français qui était très à la mode, la musique et la philosophie.

1754-1778: Voltaire aux "Délices" et à Ferney à la frontière suisse.
Rentré d'Allemagne, Voltaire resta avec sa nièce, Mme Denis, qui était sa maîtresse depuis 1744. En 1755 il y eut un tremblement de terre à Lisbonne qui fit de nombreuses victimes: il y eut 30.000 morts. Voltaire écrivit un poème "Poème sur le désastre de Lisbonne"(1756) où il satirise les philosophes optimistes comme Pope, qui préconisent que tout est bien. Il écrivit "Candide" en 1757.
Voltaire a passé le reste de sa vie à écrire. Son but étant "d'écraser l'infâme!" - i.e. de dénoncer les abus et la tyrannie de l'église et de la religion catholique.

Il meurt à Paris en 1778.

Il était déíste et professait la tolérance.

Son oeuvre la plus connue est "Candide" dans laquelle il annalyse la notion de bonheur. Celle-ci se trouve simplement dans l'humble vie quotidienne, dans le mérite que l'on trouve à accomplir son devoir, qui est la signification de l'expression "cultiver son jardin".


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Re: [CANDIDE]

Message par m.j.f le Dim 29 Oct 2006, 14:31

Candide est une oeuvre pessimiste/optimiste qui nous invite à la résignation et à un nouvel art de vivre. Pour donner un sense à son existence, l'homme doit garder espoir. La vie malgre tous ses maux vaut la peine d'etre vécue

Cependant ce conte n'est pas une banale leon de sagesse. Voltaire dénonce sans cesse avec virulence et passion, l'injustice et l'intolérance et tous ceux qui les pratiquent. Il visent particulièrement les Jésuites qui brûlent les hommes et les livres (autodafés).

Thunder-ten-tronckh = Le dogme "Tout est au mieux"

L'optimisme de Pangloss et la candeur de Candide sont confrontés à la réalité du mal.

Malheurs humains causés par la nature, les coutumes, les institutions, l'état social.
Allemagne: recrutemet forçé (2) + guerre(3)
Hollande: vérole (4)
Lisbonne: catastrophes naturelles -tempête + tremblement de terre (5)
Lisbonne: inquisition (6)
En mer: récit de la vieille: guerre civile- "rage des femmes" peste - guerre (11-12)
Buenos-Aires: les abus du pouvoir (13)
Paraguay: l'oppression paternaliste(14)
Chez les oreillons: anthropophagie (16)

L'Eldorado = Le rêve= La société idéale (17-18)

Surinam- Le réveil "une abomination", l'esclavage (19)

L'optimisme de Pangloss, le pessimisme de Martin, la candeur de Candide confrontés a la réalité du mal.

Les maux de l'âme: l'avidité, les vices, les passions, les faiblesses des hommes
Surinam: la fourberie, la rapacité (19)
En mer: la piraterie, la guerre (20)
Paris: la vanité, la passion du jeu, l'hypocrisie, la volupté (22)
Angleterre: l'orgueil nationaliste (23)
Venise: la défiance, la prostitution, les vocations forcées (24) la satiété blasée, les rois déchus (26)
Près de Constantinople: Récits du baron et de Pangloss: la luxure, la superstition (28)
Propontide: l'exploitation du travail d'aurui, l'ennui, l'ambition (30)

Silence aux dogmes!
Pour lutter contre le besoin, le vice, l'ambition, l'ennui,
Cultivons notre jardin (30)

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Re: [CANDIDE]

Message par m.j.f le Dim 29 Oct 2006, 14:35

Candide est sans doute l'une des œuvres les plus ambitieuses de Leonard Bernstein. Dans le choix du sujet (le célèbre conte de Voltaire) comme dans son traitement musical, le compositeur cherche à faire éclater les codes du musical de Broadway, en revenant à l'héritage de la vieille Europe, notamment celui des opérettes de Gilbert et Sullivan. Dans une esthétique mêlant parodie et grand spectacle, il veut en plus faire passer un message de tolérance, inspiré par la philosophie des Lumières, dans l'Amérique des années cinquante. Le public ne suit pas vraiment (73 représentations seulement à New York en 1956-1957), Bernstein se consolant quelques mois plus tard avec le phénoménal succès de West Side Story. Au milieu des années 1980, il décide de réviser lui-même son " operetta ", entre-temps victime de nombreuses adaptations et mutilations. Il l’enregistrera quelques semaines avant sa mort.

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Re: [CANDIDE]

Message par m.j.f le Dim 29 Oct 2006, 14:37

A télécharger et utiliser foxit reader pour le voir :
http://www.petitsclassiques.com/upload/complement_452bbfcc71f5c.pdf
Je crois que ça suffira , non ?

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Re: [CANDIDE]

Message par m.j.f le Dim 29 Oct 2006, 14:41

http://membres.multimania.fr/enigmo/

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Re: [CANDIDE]

Message par Admin le Lun 06 Nov 2006, 13:26

safaa963 a écrit:qui a fait expression ecrite sur candide
on a un epreuve et le prof n'a rie fait avec nous
si vous pouvez me donnez votre sujet de classe et les important idees
merci d'avance

Un lien
http://www.madariss.fr/pratiques/secandide.htm

Admin
Je commence à comprendre comment.
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Re: [CANDIDE]

Message par amrdoul15 le Sam 23 Déc 2006, 15:36

fadwa22 a écrit:salut a tous c tres tres important svp est ke vous pouvez m'aider de trouver une étude d'un passage du 30 chapitre de candide c urgent repondez moi le plus vit possible et merci premiérement

Enjeux et intérêts du texte :

Dans ce dernier chapitre, le "ou" du titre est clairement alternatif et le livre peu apparaître comme un modèle inversé du récit biblique qui raconterait la réalisation du salut des hommes. Le travail, vertu bourgeoise par excellence, est conforme aux valeurs de la classe montante. Voltaire est un des fondateurs conscient sur l'idéologie bourgeoise. Opposition à l'aristocratie qui n'est pas une classe dont la valeur principale est fondée sur la naissance. Dans un monde désenchanté qui s'est défait dans la douleur des prestiges du monde fabuleux attaché à l'univers aristocratique. On peut voir dans cette morale l'aveu d'un monde où l'homme prend enfin son destin en mains. Il ne se remet aux puissances divines pour faire son salut. Le travail n'est-il pas étymologiquement, la continuation d'une torture. Le seul problème qui n'est pas résolu à la fin de cette aventure et le problème du mal qui est esquivé.

Axes de lecture :


I. Tout ce qui signale la clôture narrative.
II. La morale de la fin qui devrait résoudre les questions suscitées par les mésaventures de Candide.
III. On va s'attacher au personnage de Candide qui à un rôle de patriarche.

1er axe : La formule part laquelle commence l'extrait (incipit) rappelle le conte, nous permet de croire que l'extrait clos et referme l'horizon narratif. Un jardin a donc succédé à un château. Un derviche (religieux musulman) très fameux qui passait pour le meilleur philosophe de la Turquie, a remplacé Pangloss. La formule "meilleur philosophe" rappelle Pangloss et la Turquie a remplacé la Westphalie.
En opposition à l'occident, l'orient apparaît comme la terre du retour aux origines réceptacle d'une sagesse faite d'expérience et de pragmatisme (attitude de quelqu'un qui s'adapte aux situations). Le discours du derviche et du vieillard rappelle celui que tenait un autre vieillard au chapitre 18. L'installation dans le jardin marque la fermeture de l'espace géographique après tous ces voyages.
Etroitesse de la surface foncière. Au 3ème paragraphe : "je n'ai que 20 arpents", les 3 thèses de la surface foncière est compensée par les principes d'une sage économie, même les vestiges inutiles et dérisoires d'un monde aristocratique en ruines. "giroflée" c'est encore une attaque anti-monarchique. Cunégonde a perdu sa beauté féerique dès le début. Les contes de fées n'existent plus, on arrive à recycler sa laideur en utilité. Fermeture discursive avec le morale finale qu'il revient à Candide de prononcer comme dans la Bible, le verbe est créateur d'un nouvel âge.
Les deux longs discours de Pangloss [les grandeurs.vous savez]. [dernier paragraphe, tous les évènements]. Le 1er retrace l'histoire humaine depuis les origines. Les rois des temps bibliques, les rois des temps antiques puis les rois des temps modernes (Nicolas II). Le 2ème discours fait l'histoire, le résume de toutes les aventures de Candide de façon optimiste auxquelles s'oppose notre héros avec le "mais".
2e axe : Ces paroles finales, quelles valeurs morales leurs attribuer ? Cette morale était déjà préparée dans certains propos du texte ("l'ennui" ligne 128, angoisse méta physique : où vais-je). Le titre installe le travail comme la valeur très importante (cardinale) qui correspond à 3 nécessités. S'il arrive à éloigner l'ennui, c'est une nécessité méta physique, nécessité morale contre le vice, nécessité économique contre le besoin. Martin qui représente la voix du pessimisme, prépare aussi la formule finale et son entrée dans la communauté du jardin lorsqu'il dit "travailler sans résonner Martin". C'est le seul moyen de rendre la vie supportable.
C'est paradoxalement à Pangloss à qui il revient de donner son sens le plus symbolique en la remplaçant dans son contexte biblique. Candide n'a rien inventé, mais se contente de rassembler les éléments épars dans le texte.
Candide par sa voix, rassemble les contradictions du récit. Il ne se contente pas d'instaurer et d'organiser, c'est le rassembleur. Le recours à la tradition de la maxime, marque clairement que Candide s'impose à la logomachie (discussion sur les mots) de Pangloss. Cette phrase finale est susceptible d'une multiplicité de lecture. Tout d'abord, un éloge de l'agriculture physiocrate (Turgot, Quesnay, etc..). On peut y voir un éloge du travail (Adam Smith) mais aussi au sens plus métaphorique qui voudrait que le propre de l'homme et d'ajouter à ce qui lui est donné à l'ordre naturel des choses, un ordre culturel.
Pour rompre avec une certaine philosophie, la morale de Voltaire n'est pas sans implication philosophique. Ce qui ne fait pas de l'homme un animal pas comme les autres c'est qu'il travaille.
3e axe : Candide est un personnage un peu falot qu'il était au début, sans épaisseur pour acquérir une dimension patriarcale. Figure centrale, il est celui dont la parole résume, rassemble, ordonne et instaure. Le prodige que sa parole opère, c'est de pouvoir tirer partie de tous les personnages laissés à l'état de rebus par le récit pour les faire participer à un projet où il trouve leur utilité. Le baron et la baronne manquent à l'appel car ils font partie du monde féerique, ils ne sont donc pas recyclables. Candide coupe la parole à son maître pour mettre fin au récit et le dernier paragraphe n'est que l'illustration par l'exemple des vertus créatrices par sa parole qui résout les contradictions qui animées jusqu'alors le récit.
Candide est le seul personnage dont il ne précise pas l'emploi. Sa fonction n'est plus d'apporter sa contradiction à Pangloss mais de signifier par sa présence le passage irréversible du monde de la fable et de l'enfance, du mythe et des contes à celui de la parole efficace qui énonce une morale de l'action annonciatrice d'une société industrieuse avant d'être industrielle.
Conclusion : Voltaire est le dernier des écrivains heureux (R.Barthes). Il a su donner à son combat contre la superstition et l'idolâtrie les allures d'une fête. Mais son conte s'achève sur une morale passablement désenchantée. Version sécularisée du jardin d'Eden, la communauté semble d'abord le signe d'un renoncement au bonheur insouciant des origines pour se résoudre à la nécessité d'un travail que la Bible présente pourtant comme une condamnation frappant l'homme après sa chute : "à la sueur de ton visage, tu mangeras du pain jusqu'à ton retour au sol" (Bible). Le jardin apparaît comme le paradis perdu d'une religion réduite à son strict minimum. C'est la fin du parcours de Candide qui aboutit à la fin de son initiation philosophique.
Cette fin est le véritable début du livre à partir duquel Voltaire écrit son texte. L'élève est supérieur au maître. Le héros se libère des illusions du monde de l'enfance pour devenir enfin adulte ce qui est le projet maître des Lumières. Il cesse d'être parlé par les autres pour parler lui-même.
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Re: [CANDIDE]

Message par ali2ali le Dim 24 Déc 2006, 18:52

fadwa22 a écrit:salut a tous jé besoin de vous pour ke vous m'aidiez de trouver un site relatif aux études de candide car jé besoin d'un étude d'un passage j'attend votre réponses et merci



slt
voiçi quelques liens :

http://www.chez.com/bacfrancais/candide-voltaire.html
http://membres.multimania.fr/analyses/candide.htm
http://www.alalettre.com/voltaire-candide.htm
http://www.bacfrancais.com/
(au milieu de la page tu vas chercher voltaire puis tu y trouve presque ga3 les passages )
http://www.oodoc.com/chapitre-30-candide,all,0-search.php

ciao

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Re: [CANDIDE]

Message par amrdoul15 le Jeu 04 Jan 2007, 00:42


lol! CHAPITRE 17&18 : L'ELDORADO


Que signifie le mot "Eldorado" ? Où se situe cette région ?

Le mot signifie "le doré", allusion à la profusion d'or et de pierres précieuses qu'y trouvent les voyageurs. Cette région est située par Voltaire dans un lieu inaccessible du Pérou.
Qui guide Candide dans ce pays ? Pourquoi ?

C'est Cacambo, le valet, qui guide son maître. En effet il est lui-même d'origine péruvienne, parle la langue du pays. En outre cela renforce la figure de l'inversion : c'est le valet qui domine le maître. "Candide ne jouait plus que le second personnage, et accompagnait son valet" (ch. 18, l. 5-6)
Quels personnages marquants les voyageurs rencontrent-ils ?


o
Dabord des "petits gueux" avec leur instituteur ; ce ne sont des personnages marquants que parce que les voyageurs les prennent pour des fils de rois.
o
Puis les aubergistes : l'hôte, ses employés, et quelques clients
o
Puis un savant vieillard qui les initie au pays, son histoire, ses coutumes, ses lois.
o
Enfin ils sont reçus par le Roi lui-même, personnage dune grande bonhommie, très accessible (contrairement à l'étiquette très rigide des cours européennes).
Quelles sont les institutions qui n'existent pas en Eldorado ? Justifiez cette absence


o
le clergé : "nous sommes tout prêtres" (ch. 18)
o
les institutions judiciaires, cour de justice, parlement
o
les prisons= absence de toute forme d'institution répressive.
Quelles sont les institutions qui existent ?


o
tout ce qui relève de la culture : arts, théâtres, palais des sciences... Intérêt des Lumières pour les Sciences exactes.
o
la religion, une "religion naturelle" sans prière, sans dogme, proche du déisme de Voltaire.
Pourquoi Voltaire n'achève-t-il pas le conte au chapitre 18 ? Quel serait alors le sens de l'œuvre ?

Si Voltaire achevait le conte au ch. 18 (si Candide et Cacambo renonaient quitter Eldorado), cela aurait plusieurs consquences :


o
la dénonciation du mal serait incomplète : il manquerait notamment celle de l'esclavage
o
Cela laisserait supposer que le bien existe, est possible : même dans un pays imaginaire, Candide aurait donc fini par trouver une société parfaite.
o
la plupart des personnages (notamment Cungonde) ne verraient pas leur sort fixé.
Relevez des traces d'humour dans ces deux chapitres. Quelle est ici sa fonction ?


o
les "gaffes" de voyageurs ignorants : ils offrent solennellement, en guise de paiement, des cailloux !
o
l'inappropriation du terme "moutons" pour "lamas" : on imagine d'étranges attelages !
o le cérémonial un peu ridicule qui entoure le roi : on l'embrasse sur les deux joues.
o les exagrations (3000 bons physiciens...) Et le spectacle de "l'ascension" des voyageurs : Voltaire samuse ici visiblement, et joue sur les invraisemblances.
Où en est Candide dans son évolution ? Que lui manque-t-il encore pour parvenir la maturité ?

Candide commence douter des paroles de Pangloss ; il ne croit plus que la Westphalie soit le paradis terrestre. Mais il pense encore que le "meilleur des mondes" existe ! Il nen tire pas non plus de conclusion politique : "il est certain quil faut voyager". Enfin, il est toujours obsd par Mlle Cungonde. Il manque encore de lucidit, desprit critique et de recul.



BON COURAGE

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Résumé des chapitres CANDIDE (pour chaque chapitre)

Message par youssef27 le Jeu 04 Jan 2007, 16:43

Chapitre 1 : Pangloss, le maître de Candide, lui enseigne que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Candide le croit, mais se fait chasser du château pour un baiser donné à sa cousine Cunégonde.

Chapitre 2 : Candide enrôlé par des recruteurs. Suite à son manque de moyens pour survivre, il du subir une punition à la suite d'une promenade interdite. Il demanda la faveur du roi des Bulgares pour se faire casser la tête, et il se fit soigner par un grand chirurgien.

Chapitre 3 : Il est témoin d'une boucherie héroïque entre les troupes arabes et bulgares, il déserte et découvre en Hollande l'intolérance. Mais il rencontra Jacques, un anabaptiste qui lui donna à manger et de l'argent.

Chapitre 4 : Candide retrouve Pangloss que la vérole a défiguré. Pangloss lui raconte la destruction du plus beau château, la mort de ses habitants et de Cunégonde. Candide et Pangloss sont recueillis par Jacques, qui les emmène au Portugal où il va commercer.

Chapitre 5 : Jacques périt au cours d'une tempête. Lorsque Candide et Pangloss arrivent à Lisbonne, la terre se met à trembler. Ils sont déférés à l'inquisition pour quelques discours suspect.

Chapitre 6 : On fait un bel autodafé pour empêcher la terre de trembler. Pangloss est pendu, Candide est fessé.

Chapitres 7 et 8 : Soigné par une vieille, Candide retrouve Cunégonde qui lui raconte son histoire.

Chapitre 9 : Cunégonde partage ses faveurs entre le juif don Issachar et le grand inquisiteur. Candide tue les deux amants de sa belle. Il s'enfuit avec Cunégonde et la vielle.

Chapitre 10 : Ils embarquent pour l'Amérique.

Chapitres 11 et 12 : La vieille pendant la traversé, leur raconte comment fille d'un pape et d'une princesse, elle est devenue servante et comment elle eut une fesse coupée.

Chapitre 13 : Les fugitifs abordent à Buenos Aires dont le gouverneur s'éprend pour Cunégonde d'une violente passion. Candide recherché par la police doit fuir seul.

Chapitre 14 : En compagnie de son valet Cacambo, Candide se rend chez les jésuites du Paraguay. Il retrouve le frère de Cunégonde.

Chapitre 15 : Celui-ci s'oppose au mariage de sa sœur avec Candide (un bâtard). Candide, fou de rage, le tue.

Chapitre 16 : Fuite de Candide et de Cacambo au pays des oreillons qui s'apprêtent à les manger, mais leur font grâce comme ennemis des jésuites.

Chapitres 17-18 : Ils arrivent dans l'Eldorado, pays où tout va bien, richesses inouïes, plein de diamant, Désireux de retrouvé Cunégonde et de s'acheter un château.

Chapitre 19 : Au Surinam, après avoir rencontré un noir victime de l'esclavage, ils se séparent. Cacambo part pour Buenos Aires, Candide volé par un négociant Hollandais, s'embarque pour l'Europe accompagné du philosophe Martin.

Chapitre 20 : La traversé se passe à discuter avec Martin qui pense que tout va mal.

Chapitres 21 et 22 : En France, Candide est dupé et volé. Il trompe Cunégonde à Paris avec une fausse marquise.

Chapitres 23 et 24 : Obligé de fuir, Candide et Martin embarque à Dieppe, longent les cotes anglaises et assistent à l'exécution d'un amiral. Puis ils arrivent à Venise où ils rencontrent Paquette, ancienne servante de Cunégonde et amante de Pangloss, en compagnie d'un théatin, frère Giroflé.

Chapitre 26 : Pendant le carnaval, Candide soupe avec six rois détrônés. Ils retrouvent Cacombo, Cunégonde est esclave en Turquie.

Chapitres 27 et 28 : Ils partent pour Constantinople, reconnaissant parmi les galériens Pangloss et le jeune baron "ressuscité", qui racontent leur aventures.

Chapitre 29 : Candide rachète Cunégonde et la vieille. Il épouse Cunégonde devenue affreusement laide, malgré le refus de son frère.

Chapitre 30 : Le jeune baron ayant été renvoyé aux galères, Candide achète, avec ses derniers diamants de l'Eldorado une métairie. Tous sont réunis et à l'exemple d'un bon vieillard turc du voisinage, ils vont cultiver leur jardin.

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Re: [CANDIDE]

Message par amrdoul15 le Ven 05 Jan 2007, 14:59


CHAPITRE 1 : L'amour interdit, récit inaugural.


L'art du conteur


o
Vivacité du récit
o
phases du récit : 5 phases = 5 phrases
o
précipitation des événements
Une image dépréciée de l'amour



o
Choix lexicaux : relation mécanique dans le vocabulaire des sciences : dérision
o
Candide / Cunégonde : parodie d'amour courtois, parodie d'Adam et Eve chassés du paradis
o
lieux dévalorisants
o
sanction immédiate et vulgaire
L'optimisme ridiculisé, ou comment un conte devient philosophique


o
Petitesse du philosophe, impossible à prendre au sérieux
o
détournement du vocabulaire optimiste


CHAPITRE 3 : Candide soldat

Candide : "le jugement assez droit avec l'esprit le plus simple". Après avoir été "chassé du paradis terrestre", il s'enrôle dans l'armée malgré lui, et doit participer une guerre. But de Voltaire : condamner la guerre, en racontant une histoire. Efficacité du style voltairien : petites phrases, sans liaisons : style fluide, sautillant, allègre.

1ére scène: recrutement. Ces hommes en bleu sont des soldats recruteurs.

2ème scène : l'entraînement ; puis la désertion suivie d'un traitement barbare, et d'une grâce.
Enfin, la guerre entre les armes, et le martyre des civils. Cette guerre est la guerre de 7 ans ; les Bulgares sont les Prussiens (importance de la taille) ; les Abares sont les Français.

Après la sortie du Paradis, tous les malheurs accablent Candide : le froid, la faim, le manque d'abri, le désespoir. Nous devons tout deviner, les détails doivent s'expliquer par la suite. Le quiproquo s'installe : les recruteurs lui parlent avec une exquise courtoisie feinte (il faut le piger). Concert de "Messieurs, Monsieur". Les questions sont insolites. Il faut amener Candide à signer, boire à la santé du Roi des Bulgares, recevoir sa 1ère solde. On lui dit qu'il deviendra "héros", etc. Héros devient synonyme de soldat, et de plus en plus ridicule. Acharnement de Voltaire.

2ème scène sans transition, passage de la courtoisie la brutalité. On doit en faire un automate. On entend presque les commandements. Héroïsme = manœuvrer comme une marionnette et se faire battre. La désertion : Candide se promène naturellement : il croit en la liberté du soldat. On lui donne le choix entre 2 supplices : critique de la philosophie du libre-arbitre ? Voltaire montre froidement, et même de façon cocasse, une scène horrible. Intervention du Roi des Bulgares. A Postdam, Voltaire avait assisté la punition d'un soldat (Frédéric aimait ce spectacle). Il tait intervenu. Ici, ironie. "Il avait un peu de peau" = style de Pangloss.

La bataille : on se croirait à la parade. Géniale description : les canons s'ajoutent aux instruments. Progression du plus aigu au plus sourd : on attend "timbales", on a "canons".
Harmonie infernale : la guerre est un enfer. Compte mathématique et méthodique : canons, mousquets, baïonnettes : ordre normal d'une bataille. Horriblement sanglante : mais Voltaire le dit froidement (traitement comique de l'horreur). Il se moque de l'optimisme : "Raison suffisante", jargon ("cause / effet"). "Trembler comme un philosophe" : un philosophe devrait se maîtriser, mais il est normal d'avoir peur. La guerre = "boucherie héroïque".

"Te Deum " : actions de grâce. Chacun de ceux qui fait la guerre prétend avoir Dieu dans son camp. Cela révolte Voltaire. D'autre part, chacun pense avoir gagné : donc la boucherie était inutile.

Tableau de la souffrance des civils : réalisme, détails atroces. Le même spectacle se retrouve dans chacun des deux camps : chacun est responsable.

Voltaire attaque ici la théorie de Rudendorf ou de Grotius qui légitimaient la destruction des terres de l'ennemi.

Dernière image, pathétique : Candide reste seul, infiniment triste, petite silhouette, dernier refuge de la conscience humaine. (CF théâ tre d'ombre, ou films de Charlie Chaplin).

Plan de commentaire :


Valorisation de la guerre :



o
adjectifs appréciatifs (beau, leste, brillant...)
o
dépréciation des victimes : 10 000 coquins...
o
les Te Deum : solennité et sacré.
o
Une valorisation naturellement ironique (harmonie infernale).
La "boucherie héroique"

Sur quoi Voltaire met-il l'accent ? Parallélisme des situations, innocence et souffrance des victimes : la guerre est atroce, absurde ; elle ne sert rien.
Tonalité générale du texte, jeu des points de vue.

D'où vient l'efficacité de la dnonciation ? Point de vue interne (Candide) et externe (sur Candide). Froideur apparente et ironie. Traitement comique de l'horreur.
CHAPITRE 6 : Candide soldat

1- EVOLUTION DU PERSONNAGE :
Candide réagit comme en subissant l'événement :
dans le §2, il n'est l'auteur d'aucune action (son nom n'est jamais sujet, sauf d'un verbe passif la fin : "fut fessé"). Ensuite il est accablé d'une cascade d'adjectifs (début 3) qui renvoient tous à la stupfaction et l'inadaptation aux choses. La cérémonie elle-même nous montre Candide comme une marionnette déguisée dont nous ignorons les réactions. La source de cette apathie est dans son éducation T-t-T ("pour avoir écouté avec approbation") qui l'a privé de toute autonomie. On notera cependant que rien n'indique comment Candide perçoit la pendaison de Pangloss et que la cérémonie est vue selon une focalisation externe qui interdit d'entrer dans les sentiments du personnage.
On perçoit tout de même une évolution
dans l'interrogation finale de Candide : il est surpris par la réalité du monde et constate l'écart entre ses rêves et la réalité. Sa peur provoque chez lui une révocation de l'optimisme ("si c'est ici... les autres). De manière significative, il invoque les principaux constituants de l'illusion T-t-T (Pangloss et Cungonde) et pleure l'anabaptiste, dont l'idéologie positive a été mal récompensée. Le personnage s'assombrit et prend conscience. Il est livréà lui-même, prêt à être pris en main par le ou la premièr(e) venu(e).
2-UNE SATIRE DE L'OBSCURANTISME
La satire :
Voltaire prend l'Inquisition comme moyen de poursuivre "l'Infâme". On perçoit ici un travestissement et une certaine retenue du jugement : Voltaire n'a pas recoursà des termes comme "monstres" ou "opprobre du genre humain" : il fait semblant de ne pas s'engager. Mais ce chapitre témoigne des méfaits de la religion pervertie en obscurantisme : sottise ou arbitraire du raisonnement, discordance des idées et du réel, intolérance, absurdité des rites réglés, gratuité de la crmonie, cruauté, inefficacité. Le dogmatisme, invention des hommes; est le contraire de la vraie religion (cf celle de l'Eldorado) qui est simple amour de Dieu et des hommes. Il assouvit les instincts terrestres et illustre les aberrations des idées absolues.cf l'Essai sur les Moeurs : "On s'est servi dans toute la terre de la religion pour faire le mal, mais elle est pourtant instituée pour porter au bien ; et si le dogme apporte le fanatisme et la guerre, la morale inspire partout la concorde".
L'humour dit le réel pour s'en moquer. C'est une manière partielle de montrer les choses en leur faisant perdre leur unité, leur cohérence, leur sens. Le système descriptif limité est un jeu humoristique. Voir notamment les adjectifs : "bel" autodafé et les précisions : " petit feu" (le sermon "très pathétique", la "belle" musique, la pendaison "quoique ce ne fût pas la coutume"). De même, l'humour repose sur les rapports obscurs entre les réalités affirmées (ici les motifs de la condamnation au début du 2) ou sur des inadéquations ("fessé" au lieu de "flagellé" ; on "orna" leur tête...)
L'ironie dit ce qui n'est pas, énonce ce qui devrait être. C'est une manière falsifiée de dire les choses pour en révéler l'absurdité. Voltaire feint ici de justifier, d'approuver ou d'admirer des décisions, des actes, des détails inadmissibles. Il fait comme si était logique la décision d'organiser un autodafé, prise par les "sages" (antiphrase) de Lisbonne, et par l'Université qui a découvert un lien de causalité entre autodafé et arrêt des séismes. Noter aussi les périphrases ("appartement d'une extrême fraîcheur..."), l'alliance de mots (début du dernier ). Le but de l'ironie est de réduire l'absurde (les raisons de la condamnation), par exemple en utilisant des enchaînements bizarres (passage du 1er au 2ème "en consqéuence" ; fin du 2) ; des hyperboles (tout le dernier ), des euphmismes (le cachot) etc.
L'alliance de mots inadquats :
tous les ex. ci-dessus répondent plus ou moins cette technique. Mais noter aussi le burlesque qui fait employer des termes bas ou aimables pour des sujets graves : Candide "fessé en cadence pendant qu'on chantait" ; le détail des excutions (brûlés / pendu "bien que ce ne fût pas la coutume") ; Cungonde, la perle des filles / le ventre fendu.
CONCLUSION:

L'action : Tous les phraseurs sans exception seront pour Candide source de malheurs ou d'erreurs : le Grand Inquisiteur, les jésuites, l'abbé prigourdin. Seul le derviche, à la fin du conte, invitera au silence et au refus des doctrines.
Il lui faudra donc se tourner vers les actifs qui fondent leur vie sur le mérite et le travail personnels. L'école de la vie prime sur toutes les autres.
Les personnages : Candide va refuser de "croire" et d'"admirer". Son évolution va le conduire à cesser d'être passif. Le scénario logique du conte consiste en une lente matrise de Candide sur ses propres gestes, de la béatitude immobile au travail du "jardin", dans le doute désillusionné.
Pangloss retrouvera des guides, mais moins théoriques. Il a besoin de complices, au moins pour poursuivre son apprentissage. Le principe du "roman de formation" fonctionne pleinement : vivre, c'est rencontrer une succession de personnages qui obligent le héros réévaluer son jugement et se situer. Les événements ne jouent pas plus que les êtres.

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Re: [CANDIDE]

Message par amrdoul15 le Ven 05 Jan 2007, 15:07


CHAPITRE 30 : LA CONCLUSION


I- La construction en diptyque : place du récit et du discours, formes du parallélisme.

Deux §, de longueur à peu près égale, et avec des parallléismes ; Structure identique : récit, puis un discours de Pangloss, réponse au discours. Elments de parallélisme : "il faut cultiver notre jardin", repris deux fois. Interruption de Candide (marquée dans le second par le passage de l'itératif (Pangloss disait quelquefois...) au singulatif (répondit Candide). Thème du travail, présent dans les deux ; Des différences : Dans le premier , le discours l'emporte : trois locuteurs, discours assez long de Candide et Martin, longue tirade de Pangloss. Dans le second, c'est le récit qui domine : deux locuteurs seulement, discours moins long de Pangloss, et le dernier mot revient l'action.

II- En quoi le 2ème § marque-t-il une progression par rapport au premier ?

Tout le monde s'est mis au travail, et semble avoir trouvé le rôle qui lui convient à l'exception de Pangloss. Importance considérable des connotations appréciatives : "beaucoup, excellente pâtissière, très bon menuisier..." Candide prend toute sa dimension de leader ; il ne subit plus passivement les discours ni les événements, et c'est lui qui a le dernier mot. Le passage de l'itératif ("Pangloss disait souvent...") au singulatif ("Candide répondit") marque le fait que Candide coupe la parole au philosophe, et lui impose silence. C'est le pendant de l'interruption du 1er paragraphe.
Par ailleurs, le temps n'est plus le même : entre "Candide revint à la métairie" et "la petite terre rapporta beaucoup", du temps s'est nécessairement écoulé ; le narrateur prend de la distance par rapport au récit. On ne "colle" plus aux événements !

III - Une réduction de l'espace :

Alors que le roman a multiplié les déplacements dans l'espace, ici on "rentre la métairie". Il ne s'agit plus que de "cultiver notre jardin" : plus d'ambition de voyage. Petite société, quasi autarcique.

IV - la dernière réplique de Pangloss : une côlture de conte :

Il fait le bilan de tous les événements subis par Candide, et en même temps, fidèle à sa philosophie, il établit un lien de
cause à effet entre l'enchaînement des malheurs et le bonheur actuel - qui évoque l'Eldorado : importance de la nourriture,
et d'une nourriture exotique. On a l'impression d'un schma de conte : toutes les preuves subies conduisent le prince au
bonheur. Ironie de Voltaire : le bonheur consiste en la satisfaction de la gourmandise ! (il ne pourrait évoquer autre chose, la "princesse" ayant ici piètre allure... On est ici dans une parodie de conte.
V- Le dénouement d'une comédie : Tous les personnages se trouvent réunis en un seul lieu, et voient leur sort fixé de
manière heureuse.

VI - En quoi la métairie s'apparente-t-elle au chateau de Thunder-Ten-Tronkh ?
Lieu fermé, hors des atteintes du monde, et vivant en autarcie ; mais ici la métairie appartient au réel : une métairie (= ferme) et non un château, et la prospérité décrite est modeste, mais bien réel. Le dénouement de Candide, c'est la perte des illusions, et l'ancrage dans le réel.

VII - Le sens de la formule "il faut cultiver notre jardin" :
- Retour à l'action, la place des discours creux de Pangloss ;
- Retour au quotidien, au réel, des ambitions modestes, mais réalisables ; il ne s'agit plus de courir le monde, ni de chercher l'Eldorado, mais de se contenter de ce que l'on a. A mettre en parallèle avec l'action bien réelle de Voltaire Ferney.
- Mais c'est aussi renoncer changer le monde ! "notre" s'oppose au monde extrieur.
- "notre jardin" peut aussi être métaphorique : il faut trouver en soi nos propres ressources, et ne pas tout attendre du monde extérieur.

QUESTION D'ENSEMBLE : LA SATIRE DE LA RELIGION DANS CANDIDE.

LES PRINCIPAUX TEXTES :


ch. 3 : mensonge des religions, discours "charitables" et réalité du sectarisme. Rôle du clergé dans la guerre.
ch.5 : noyade de l'Anabaptiste
ch. 6 L'autodafé

ch. 8-10 : Histoire de Cungonde : rôle de l'Inquisiteur (et du juif) ; vol des diamants par un cordelier.
ch. 14 : les Jésuites au Paraguay
ch. 15 : récit du Baron : homosexualité des Jésuites...
ch. 18 : la vraie religion de l'Eldorado.
ch. 19 : l'esclavage : rôle des "fétiches" hollandais.

ch. 22 : l'abbé périgourdin
ch. 24 : le moine Girofle, souteneur ; rôle des couvents.
ch. 28 : Homosexualité des Jsuites. L'imam et Pangloss.
ch. 30 Conclusion : le Derviche.

1- LA RELIGION PACTISE AVEC LES PUISSANTS :


Grief principal de Voltaire : la Religion choisit puissance et biens matériels, aux dépens du bonheur des hommes.

La religion a partie liée avec les aristocrates : Le Baron utilise le curé du village comme aumônier, et son fils fait une carrière confortable chez les Jésuites. On la voit au service des appétits de conquête des Rois (ch. 3), bénissant et justifiant les massacres.
La religion est avide de biens matériels :
Tous les personnages religieux sont liés à l'argent. Les "professionnels de la foi" sont le plus souvent des hypocrites et des voleurs : souteneurs (le juif et l'inquisiteur avec Cungonde, Girofle avec Pquette), voleurs (le cordelier du ch.10).Tous ces personnages jouent donc un rôle négatif dans le récit : ils représentent le côté sombre d'une humanité qui ne vit pas en accord avec ses principes, et qui, pourtant, est constamment du côté de l'anathème et de l'accusation. Quand l'église, elle devient elle-même puissance de domination (ch. 14). Le pouvoir spirituel mène la guerre pour son propre compte grâce aux missionnaires devenus soldats conquérants. Les ordres religieux sont transformés en véritables armes, pour l'exploitation et l'asservissement des peuples d'Amérique latine.
La religion écrase les peuples :
Par son enseignement, elle favorise la soumission des peuplades crédules (ch 19, sur l'esclavage), facilite l'entreprise barbare des négriers, puis inspire aux esclaves, dûment endoctrinés, une entière soumission leurs maîtres.
La corruption du clergé est dénoncée en de multiples occasions : Frère Girofle (ch. 24), l'abbé Prigourdin etc.
2- LA RELIGION EST FAUTEUSE D'INTOLRANCE.


C'est le thème majeur de la critique voltairienne. Voir son action dans l'affaire Calas, le Trait sur la Tolérance...
L'intolérance des prêtres catholiques
conduit au supplice les croyants d'autres religions, juifs surtout, et même ses propres fidèles. Dénonciation de l'Inquisition (ch.6)
Le point de vue de Voltaire :
l'intolérance, inacceptable sur le plan humain, est en outre sans fondement dans l'ordre de la raison : puisqu'il n'y a qu'un Dieu, et qu'en conséquence les hommes sont tous d'accord sur l'essentiel, les persécutions ne se fondent que sur des différences de rites, qui sont accessoires.
3- UNE RELIGION CLAIRE BANNIT LES PRETRES :

Dans ce récit systmatiquement pessimiste où sont dénoncées toutes les iniquités du monde, Voltaire ne décrit qu'une réforme, celle de la religion, par la bouche du vieillard de l'Eldorado (ch. 18). 2 mesures suffisent à instaurer la religion idéale : la disparition du clergé, fauteur d'intolérance et de conflits, et à la place, l'instauration d'un service de la prière laïc, assuré par les pères de famille. (admiration pour la religion Quacker).
CONCLUSION :
Voltaire s'en prend aux prêtres, mais nullement à la religion elle-même : Voltaire est déiste, non athée. Il a besoin d'un Dieu créateur pour comprendre l'existence de l'univers, et l'harmonie de cet ensemble infiniment complexe qui gravite dans le cosmos. Cf la formule de Dieu horloger :
"L'univers m'embarrasse et je ne puis songer
Que cette horloge existe et n'ait point d'horloger."

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Re: [CANDIDE]

Message par amrdoul15 le Ven 05 Jan 2007, 15:08


QUESTION D'ENSEMBLE : LA TECHNIQUE ROMANESQUE DANS CANDIDE

INTRODUCTION :

Les contes de Voltaires sont des allégories, comme il le dit lui-même dans sa Correspondance. Les idées sont premières.

Cf titres : Candide ou l'optimisme, Zadig ou la destinée... Distance constamment maintenue l'égard de la fiction par l'ironie qui interdit une lecture naïve : il ne s'agit pas de créer l'illusion, mais d'éveiller la réflexion. Aussi, dès le ch. 1 de Candide, l'univers du conte se fissure.

D'où aussi la présence de nombreux débats, plus ou moins intgèrés à la trame narrative : discussion avec Martin sur le problème du mal pour se "désennuyer" durant la traverse ; débat avec le "bon vieillard" de l'Eldorado. Cf dans l'Ingnu les débats avec Gordon enfermé à la Bastille. Le récit permet avant tout de mettre en scène le débat d'idées.

Les personnages n'ont pas d'épaisseur romanesque : ils sont soit des caricatures (Pangloss, Martin), soit de simples fonctions : Candide est victime et spectateur, Micromgas = le point de vue de Sirius, l'Ingénu représente le bon sens et l'absence de préjugés.
LE PERSONNAGE DE CANDIDE COMME ARTIFICE NARRATIF :

C'est un personnage fantoche, incroyablement bousculé par la vie. Il ne fait pas avancer le récit, il le subit.

C'est un héros qui souffre mais ne voit rien. La guerre, l'Autodafé sont vus par un narrateur ; mais nous ne saisissons guère le point de vue de Candide. C'est le narrateur et non Candide qui nous fait comprendre l'absurdité du monde : Candide n'est pas un regard qu'on promène sur le monde.

Pourtant il est présent dans les 30 chapitres, victime, spectateur ou auditeur de récits. Il assure la continuité, l'unité du conte : structure linéaire, sans simultanéité, propre au conte.
PROCEDE DE LA MISE EN ABYME : LE RECIT DE LA VIEILLE.

Aux chapitres 11 et 12 apparaît un procéd énouveau : la mise en abyme. Le récit de la vieille est enchâssé dans le conte, et en reproduit les principaux thèmes en les aggravant.


La Vieille (qui n'a même pas de nom), est l'image la fois idéalisée et aggravée de Cungonde : celle-ci, fille de petite noblesse, était surtout fraîche et agréable, la vieille était fille de pape et d'une beauté exceptionnelle. Elle est la prémonition de ce que sera Cungonde dans les derniers chapitres. Elle a connu l'amour absolu, mais une chute bien plus rude que celle de Cungonde qui se réduisait des coups de pied aux fesses et aux soufflets de la baronne : la Vieille voit mourir son amant.
Puis c'est la série des malheurs, comparables à ceux de Cungonde, et des autres personnages :


o
La capture, symétrique de la prise du chateau de Thunder-ten-Tronk, et le viol : la vieille sera "violée presque tous les jours"
o
La violence et la guerre sur les côtes du Maroc (symétriques la guerre vécue par Candide) : la violence est encore plus grande en Afrique qu'en Europe.
o
La maladie (vocation de la "grande peste de 1720-1721) ; en somme, elle condense à elle seule les malheurs répandus sur trois personnages : le viol (Cungonde), la guerre (Candide), la maladie (Pangloss).
o
La vieille devient une marchandise, vendue et revendue. Là encore, on note l'aggravation par rapport au sort de Cungonde, qui fut seulement servante et concubine. Elle deviendra même... une denrée comestible, et sera amputée d'une fesse en Russie : nouveau degré dans l'inhumain !
o
Enfin, elle est condamnée à l'errance.
Le récit n'est pourtant pas pathétique : bien que les formes du mal y soient traitées de manière hyperbolique et concentrée, on sourit de la vieille, comme elle en sourit elle-même !
L'IRONIE, PROCEDE MULTIPLE :


A) le Baron : voir ch. 1. Au premier degré, loge du Baron fond sur la puissance et la richesse. Or le sens réel est tout autre : dénonciation d'une classe ruinée et parasitaire. L'ironie vise ici la dévalorisation de sa cible.

B) Pangloss, le philosophe génial : même procédé dans le chapitre 1 : éloge apparent pour une réelle dévalorisation. La cible, ici, c'est la philosophie de Leibnitz. On reconnaît l'ironie l'exagération de l'éloge, l'amplification disproportionnée ("il prouvait admirablement...")

C) les armes merveilleuses
: cf ch. 3 .
D) le spectacle de l'Autodafé
: permet de se défendre de la censure en invoquant la lettre de son texte : de même qu'il admire l'arme, il aime les belles cérémonies.
E) Le généreux royaume des Jésuites : en apparence un royaume bien administré; à travers un lexique valorisant : "admirable"... "chef d'oeuvre"... mais dans la réalité, c'est le contraire : l'exploitation des indignes, qui éclate dans cette seule phrase, qui suffit à démolir l'éloge : "Los Padres y ont tout et les peuples rien."
UNE "HISTOIRE PHILOSOPHIQUE" ?

A) L'Ironie (cf plus haut) : il ridiculise la personne de son adversaire (Pangloss) et formule ses idées de manière caricaturale. Le langage de Pangloss est constamment discrédité par son inadéquation à la situation.

B) Le style direct : intgère les idées la narration. Permet d'exprimer de manière vivante les idées qui lui tiennent coeur. Donne la parole de sages vieillards : l'Eldorado pour la question religieuse : dans un cadre paisible, conversation entre les visiteurs et un sage vieillard ; ch. 30 : le sage vieillard qui prêche d'abord par l'exemple.
Enfin, c'est un bon véhicule de l'émotion : cf l'esclavage.

C) Images et descriptions : images données surtout propos de l'amour. Cf l'épisode des grands singes, qui vaut une longue diatribe lyrique contre les "bons sauvages" de Rousseau.

Sur la religion : l'autodafé traité en spectacle ;
pour l'inconduite des ordres religieux, description du révérend père commandant : "un très beau jeune homme, le visage plein, assez blanc, haut en couleur, le sourcil relevé, l'oeil vif, l'oreille rouge, les lèvres vermeilles" = quelqu'un qui vit un peu trop bien !

---> les thèses de Voltaires sont véhiculées par les procédés les plus typiques du récit : descriptions et portraits.

D) La démonstration par l'intrigue : le refus de l'optimisme s'exprime non par un discours, mais par les rebondissements d'une histoire. Du coup de pied initial à l'ennui existentiel du dernier chapitre, c'est tout le récit qui a valeur démonstrative.
La prcéipitation des événements qui bousculent Candide constitue un bon exemple de mise en scène d'une argumentation par des faits pris sur le terrain : la réalité vécue par le héros est en contradiction avec la vision optimiste du monde.
CONCLUSION :


Un récit fictif et non réaliste, mais en prise sur le réel : les contemporains ont lu Candide comme la gazette de leur temps. Il a en effet l'ambition de rendre compte du monde dans sa totalité, et d'en dégager la signification : il est irréductible une thèse, une idée : Pangloss, Martin et tous les idéologues sont renvoyés dos dos. Le mot "conclusion" qui ouvre le chapitre 30 est ironique : le "jardin" n'a pas une signification univoque. Ce ne sont donc pas des fictions destinées à illustrer des abstractions : on y trouve toutes les expériences, toutes les passions de leur auteur.

Personnages et fonctions :
Un critique contemporain a déclaré que les personnages des contes de Voltaire étaient des fonctions plus que des êtres. Commentez et discutez ce jugement.


Introduction : On présentera le statut du conte en tant que genre littéraire, en insistant sur son irréalité par rapport au roman. Par ailleurs, on s'interrogera sur la notion de "personnage-fonction" : qu'est-ce que la fonction d'un personnage ? Tout personnage a forcément une fonction dans le récit, au sein d'un schéma actanciel ; que signifie, pour un personnage, n'être qu'une fonction ?


Une représentation physique sommaire : Les héros du conte, contrairement à ceux du roman, sont décrits très sommairement. C'est le cas de Candide ("Sa physionopie annonçait son âme"), de Zadig, paré de toutes les qualités physiques, mais dont on ne saurait tracer le portrait, de L'ingénu même dont on souligne seulement au passage quelques traits fondamentaux (la vigueur du Sauvage, l'lgance de l'Europen...) Une présence physique réduite à quelques traits : la douleur (Candide aprs les coups de fouet de l'Inquisition...), le désir (Candide, l'Ingnu...), la maladie (Pangloss)...Mme les héroïnes connaissent le même traitement. Elles appartiennent à des types : la belle jeune fille (Mlle de Saint-Yves, Formosante), fraîche et sensuelle (Cungonde, la fille du Pape...) ; leur dégradation physique, dans Candide, répond un besoin de démonstration : ch. 11 pour la Vieille, ch. 29 pour Cungonde : c'est une des manières de mettre mal le "Tout est bien" de Pangloss.Il ne s'agit en aucun cas de produire un effet de réel qui permette au lecteur d'identifier le personnage comme une personne.
Des caractères à peine ébauchés.


1. Absence d'individualité morale. Cungonde, p. ex, ne manifeste jamais un fond d'esprit ou de sentiment. Son physique, ses mains qui s'égarent annoncent une femme sensuelle, mais ses mésaventures, qu'elle raconte à Candide, ne lui arrachent ni une larme ni un regret. Exigeant à la fin que Candide l'épouse, elle ne dit pas son amour, mais fournit par ce mariage de dégoût une preuve de plus du malheur universel.
2. Des personnages-thèses. Pangloss se réduit une mécanique verbale, incapable même d'éprouver un sentiment : avec quelle allgresse raconte-t-il au pauvre Candide la ruine du château et le viol de Cungonde ! Il n'est qu'une caricature. A l'autre extrémité, Martin le Manichen - on ne dit pas encore le Pessimiste - n'est pas beaucoup mieux loti.On trouve d'autres personnages-thèses dans les contes : les six rois que rencontre Candide, les personnages du banquet, dans Zadig...
3. Des personnages-emplois. On trouve de tels personnages profusion dans les contes : l'ami fidèle, Cador ou Cacambo, la femme infidèle (Azora) ; la capricieuse (Missouf) ; le mari jaloux (Moabdar), le père noble ou qui se voudrait tel (Le Baron de Thunder-Ten-Thronck); certains même n'ont pas de nom, seulement définis par leur emploi, au sens théâ tral du terme : tel "l'interrogant bailli" de l'Ingénu, ou l'Envieux et l'Envieuse de Zadig.
4. Des personnages fonctions. Ceux-là ne se définissent que par le rôle qu'ils sont amenés à jouer dans l'action, et ils disparaissent aussitôt : tel l'Empereur Chinois, qui indique à Formosante où est Amazan, ou le Bon Anabaptiste, qui se noie aussitôt accomplie sa mission : emmener Candide et Pangloss Lisbonne, au moment du tremblement de terre. Sans parler du Baron, dont le "rôle" se limite un fameux coup de pied au derrière...
De tels personnages interdisent toute forme d'identification au lecteur. Ils sont certainement la condition sine qua non, la fois du plaisir du conte et du rire qu'il excite (on s'amuse d'un bout l'autre de Candide, qui n'est pourtant qu'une enfilade de drames et de tragédies...), et aussi d'une distance critique qui permet la réflexion philosophique.

LES DIALOGUES DANS CANDIDE.

Importance considérable du dialogue dans Candide, qui s'apparente parfois une pièce de théâtre. Tantôt le récit laisse place au dialogue (cf. L'Eldorado), tantôt c'est le dialogue qui contient un récit (histoire de la vieille). Cette place très importante donnée au dialogue permet de multiplier les points de vue, et de jouer sur la polyphonie : chacun des principaux personnages fait ainsi entendre sa voix.

Les différents types de dialogue possibles :


dialogue didactique, dont l'objectif est l'exposition d'un savoir : dans ce cas, les interlocuteurs ne sont pas sur le même plan , puisque l'un d'eux détient le savoir qu'il dispense aux autres.
dialogue dialectique : deux personnages sur le même plan discutent entre eux, pour parvenir à résoudre une difficulté commune.
dialogue polémique : affrontement entre deux thèses opposées, chacun des interlocuteurs défendant sa position (parfois avec véhémence).
Les principaux dialogues :


chapitre 4, entre Candide et Pangloss (p. 51-52) : dialogue didactique, dans lequel Pangloss raconte la maladie qui l'afflige, mais raffirme que "tout est au mieux"
chapitre 5 (fin) : bref échange entre Pangloss et un inquisiteur : dialogue polémique. C'est le seul de ce type.
chapitre 18, le vieillard de l'Eldorado : Candide s'informe, le vieillard répond à ses questions ==> dialogue didactique.
chapitres 20 et 21 : Candide discute avec Martin. Dans le premier chapitre, Martin expose ses conceptions philosophiques
Candide : dialogue didactique ; même schéma dans le ch. 21,mme si Candide se permet parfois quelques objections.
chapitre 22, "Paris" : nombreux dialogues. Candide, étranger, s'informe auprès de ses interlocuteurs (didactique) ; mais il y a aussi débat (p. 176, p. ex : dialogue dialectique).
chapitre 24 : Paquette, Girofle, Martin : Paquette et Girofle racontent leurs malheurs (didactique), et Martin commente : dialectique.
chapitre 25 : Pococurante : dialogue didactique (P. Rpond aux questions) puis dialectique (Candide et Martin commentent)
chapitre 26 : les six rois. Chacun son tour raconte ses mésaventures. : didactique. (on peut se demander si dans ce
cas il y a vritablement dialogue, ou plutôt une succession de récits).
chapitre 30 : deux dialogues didactiques (dont un paradoxal : le derviche refuse de délivrer une leçon !), puis un dialogue qui serait polémique, si Candide daignait répondre à Pangloss.
Conclusion :
très grande prédominance du dialogue didactique : Candide est en permanence en situation d'apprentissage : élève de Pangloss, puis (plus ou moins) de Martin, étranger qui ignore les coutumes locales, auditeur qui écoute les récits des autres personnages... Changement radical à la fin, lorsque justement il refuse d'écouter Pangloss.
En revanche, quasi absence de dialogues polémiques (Martin et Pangloss ne dialoguent jamais, par exemple), et absence totale du dialogue dialectique : cela renforce le caractre caricatural du conte, dans lequel chacun des personnages représente une idée, et est enfermé dans un bloc de certitudes dont rien ne peut le faire sortir. C'est vrai des personnages principaux (Pangloss, Martin, le Baron), et aussi des personnages secondaires : Pococurante, par exemple.
Seul Candide est capable d'écouter ce qu'on lui dit : il est aussi le seul qui progresse.

amrdoul15
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