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Le Français, 1ère année - Bac

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Le Français, 1ère année - Bac

Message par Invité le Ven 19 Jan 2007, 04:08

Le Français de la 1ère année Bac

==> La Boite à Merveille ( Accés Le salon )

==> Antigone ( Accés Le salon )

==> Le Dernier Jour d'un Condamné ( Accés Le salon )


Dernière édition par le Mer 07 Fév 2007, 16:47, édité 7 fois

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Re: Le Français, 1ère année - Bac

Message par Invité le Ven 19 Jan 2007, 04:23


Antigone de Jean Anouilh


Oedipe, dans la mythologie grecque,c'est le roi de Thèbes, fils de Laïos et de Jocaste, roi et reine de Thèbes.La reine Jocaste attend un enfant. Son mari, Laïos, roi de Thèbes, s'enquiert auprès des dieux, comme il est naturel, de ce qui va venir. La réponse de l'oracle est terrible : " Il tuera son père ; il épousera sa mère". Il décide d'échapper à son destin : il attacha les deux pieds de son fils nouveau-né, qu'ils percent, et ils ordonnent qu'il soit abandonné dans la montagne, aux bêtes sauvages sur les flancs du mont Cithéron. Ce mythe passionnant est à l'origine de la tragédie d'Antigone.

La boîte à merveilles d’ Ahmed Sefrioui



Premier roman de Sefrioui, La boîte à merveille, une suite de scènes et de tableaux, raconte la vie quotidienne d’une famille populaire dans la vieille ville de Fès. Dès son ouverture, le roman ne manque pas d’installer une ambiance exotique. Un regard pittoresque sur un monde plein de tendresse, de couleurs et de parfums, qui ne manque pas d’ambiguïté sur le sens du récit.



Le dérnier jour d'un condamné


www.Madariss.fr


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Re: Le Français, 1ère année - Bac

Message par Invité le Ven 19 Jan 2007, 04:33

La Boîte à merveilles
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

La Boîte à merveilles est un roman à caractère autobiographique, écrit par l'écrivain marocain Ahmed Sefrioui en 1952 et publié en 1954. Il fut le premier roman marocain écrit en français.

D'emblée, ce roman met le lecteur devant le problématique que posent, d'une part, les récits de vie, et de l'autre la littérature maghrébine d'expression française. Celle-ci, née pendant la colonisation des trois pays du Maghreb par la France, continue de se développer jusqu'à nos jours.





--------------------------------------------------------------------------------


Note

Ce roman fais partie du programme scolaire de langue française de la terminale dans les lycees marocains .


Titre: La boîte à merveille

Genre: Roman

Auteur: Ahmed Sefrioui

Date de parution:1954

Edition: Librairie des Ecoles.

L’auteur Ahmed Sefrioui, écrivain marocain, est né en 1915 à Fès . C’est l’un des premiers fondateurs de la littérature marocaine d’expression française. Passionné de patrimoine, il a occupé des postes administratifs aux Arts et Métiers de Fès, puis à la direction du tourisme à Rabat. Il sera à l’origine de la création de nombreux musées comme Batha, Oudaya et Bab Rouah. Il est mort en mars 2004. Ses œuvres Le Chapelet d’ambre (Le Seuil, 1949) : son premier roman où il évoque Fès (il obtient le grand prix littéraire du Maroc, pour la première fois attribué à un Marocain).La boîte à merveille (Le Seuil, 1954) : La ville de Fès vue à travers le regard du petit Mohammed. Ce roman ethnographique apparaît comme le texte inaugural de ce qui est aujourd'hui la littérature marocaine d'expression française. La Maison de servitude (SNED, Algérie, 1973). Le jardin des sortilèges ou le parfum des légendes (L’Harmattan, 1989)

L'histoire

La Boîte à Merveille La symphonie des trois saisons...

Premier roman de Sefrioui, La boîte à merveille, une suite de scènes et de tableaux, raconte la vie quotidienne d’une famille populaire dans la vieille ville de Fès. Dès son ouverture, le roman ne manque pas d’installer une ambiance exotique. Un regard pittoresque sur un monde plein de tendresse, de couleurs et de parfums, qui ne manque pas d’ambiguïté sur le sens du récit. C’est bel et bien un album, pour reprendre l’expression du narrateur, dont le lecteur tournera les pages. Un album haut en couleurs qui nous fera parcourir trois saisons et nous mènera de découverte en découverte, explorer la société marocaine du début du XXème siècle : mode de vie, traditions, rituels et vision du monde. D’avoir masqué la réalité politique de l’époque, laisse entrevoir un parfum d’exotisme et fait penser à un film documentaire d’ethnographe.

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Re: Le Français, 1ère année - Bac

Message par Invité le Ven 19 Jan 2007, 04:52

Chapitre I
Dar Chouafa

Deux éléments déclenchent le récit : la nuit et la solitude. Le poids de la solitude. Le narrateur y songe et part à la recherche de ses origines : l’enfance.Un enfant de six ans, qui se distingue des autres enfants qu’il côtoie. Il est fragile, solitaire, rêveur, fasciné par les mondes invisibles. A travers les souvenirs de l’adulte et le regard de l’enfant, le lecteur découvre la maison habitée par ses parents et ses nombreux locataires. La visite commence par le rez-de-chaussée habité par une voyante. La maison porte son nom : Dar Chouafa. On fait connaissance avec ses clientes, on assiste à un rituel de musique Gnawa, et on passe au premier où Rahma, sa fille Zineb et son mari Aouad, fabricant de charrues disposaient d’une seule pièce. Le deuxième étage est partagé avec Fatma Bziouya. L’enfant lui habite un univers de fable et de mystère, nourri par les récits de Abdellah l’épicier et les discours de son père sur l’au-delà. L’enfant de six ans accompagne sa mère au bain maure. Il s’ennuie au milieu des femmes, Cet espace de vapeur, de rumeurs, et d’agitation était pour lui bel et bien l’Enfer. Le chapitre se termine sur une sur une querelle spectaculaire dont les acteurs sont la maman de l’enfant et sa voisine Rahma.

Chapitre II
Visite d’un sanctuaire

Au Msid, école coranique, l’enfant découvre l’hostilité du monde et la fragilité de son petit corps. Le regard du Fqih et les coups de sa baguette de cognassier étaient source de cauchemars et de souffrance. A son retour, il trouve sa mère souffrante. La visite que Lalla Aicha, une ancienne voisine, rend ce mardi à Lalla Zoubida, la mère de l’enfant, nous permet de les accompagner au sanctuaire de Sidi Boughaleb. L’enfant pourra boire de l’eau de sanctuaire et retrouvera sa gaieté et sa force. L’enfant découvre l’univers du mausolée et ses rituels. Oraisons, prières et invocations peuplaient la Zaouia. Le lendemain, le train train quotidien reprenait. Le père était le premier à se lever. Il partait tôt à son travail et ne revenait que tard le soir. Les courses du ménage étaient assurées par son commis Driss. La famille depuis un temps ne connaissait plus les difficultés des autres ménages et jouissait d’un certain confort que les autres jalousaient.

Chapitre III
Le repas des mendiants aveugles

Zineb, la fille de Rahma est perdue. Une occasion pour lalla Zoubida de se réconcilier avec sa voisine. Tout le voisinage partage le chagrin de Rahma. On finit par retrouver la fillette et c’est une occasion à fêter. On organise un grand repas auquel on convie une confrérie de mendiants aveugles. Toutes les voisines participent à la tâche. Dar Chouafa ne retrouve sa quiétude et son rythme que le soir.
Le printemps

Chapitre IV
Les ennuis de Lalla Aicha

Les premiers jours du printemps sont là. Le narrateur et sa maman rendent visite à Lalla Aicha. Ils passent toute la journée chez cette ancienne voisine. Une journée de potins pour les deux femmes et de jeux avec les enfants du voisinage pour le narrateur. Le soir, Lalla Zoubida fait part à son mari des ennuis du mari da Lalla Aîcha, Moulay Larbi avec son ouvrier et associé Abdelkader. Ce dernier avait renié ses dettes et même plus avait prétendu avoir versé la moitié du capital de l’affaire. Les juges s’étaient prononcés en faveur de Abdelkader. L’enfant, lui était ailleurs, dans son propre univers, quand ce n’est pas sa boîte et ses objets magiques, c’est le légendaire Abdellah l’épicier et ses histoires. Personnage qu’il connaît à travers les récits rapportés par son père. Récits qui excitèrent son imagination et l’obsédèrent durant toute son enfance.

Chapitre V
L’école coranique.

Journée au Msid. Le Fqih parle aux enfants de la Achoura. Ils ont quinze jours pour préparer la fête du nouvel an. Ils ont congé pour le reste de la journée. Lalla Aîcha , en femme dévouée, se dépouille de ses bijoux et de son mobilier pour venir au secours de son mari. Sidi Mohamed Ben Tahar, le coiffeur, un voisin est mort. On le pleure et on assiste à ses obsèques. Ses funérailles marquent la vie du voisinage et compte parmi les événements ayant marqué la vie d de l’enfant.

Chapitre VI
Préparatifs de la fête.

Les préparatifs de la fête vont bon train au Msid. Les enfants constituent des équipes. Les murs sont blanchis à la chaux et le sol frotté à grande eau. L’enfant accompagne sa mère à la Kissaria. La fête approchait et il fallait songer à ses habits pour l’occasion. Il portera un gilet, une chemise et des babouches neuves. De retour à la maison, Rahma insiste pour voir les achats fait à la Kissaria.Le narrateur est fasciné par son récit des mésaventures de Si Othman, un voisin âgé, époux de Lalla Khadija, plus jeune que lui.

Chapitre VII
La fête de l’Achoura.

La fête est pour bientôt. Encore deux jours. Les femmes de la maison ont toutes acheté des tambourins de toutes formes. L’enfant lui a droit à une trompette. L’essai des instruments couvre l’espace d’un bourdonnement sourd. Au Msid, ce sont les dernières touches avant l e grand jour. Les enfants finissent de préparer les lustres. Le lendemain , l’enfant accompagne son père en ville. Ils font le tour des marchands de jouets et ne manqueront pas de passer chez le coiffeur. Chose peu appréciée par l’enfant. Il est là à assister à une saignée et à s’ennuyer des récits du barbier. La rue après est plus belle, plus enchantée. Ce soir là, la maison baigne dans l’atmosphère des derniers préparatifs.
Le jour de la fête, on se réveille tôt, Trois heures du matin. L’enfant est habillé et accompagne son père au Msid célébrer ce jour exceptionnel. Récitation du coran, chants de cantiques et invocations avant d’aller rejoindre ses parents qui l’attendaient pour le petit déjeuner. Son père l’emmène en ville.
A la fin du repas de midi, Lalla Aicha est là. Les deux femmes passent le reste de la journée à papoter et le soir, quand Lalla Aicha repart chez elle, l’enfant lassé de son tambour et de sa trompette est content de retrouver ses vieux vêtements.
L’été.

Chapitre VIII
Les bijoux du malheur.

L’ambiance de la fête est loin maintenant et la vie retrouve sa monotonie et sa grisaille. Les premiers jours de chaleur sont là. L’école coranique quitte la salle du Msid, trop étroite et trop chaude pour s’installer dans un sanctuaire proche. L’enfant se porte bien et sa mémoire fait des miracles. Son maître est satisfait de ses progrès et son père est gonflé d’orgueil. Lalla Zoubida aura enfin les bracelets qu’elle désirait tant. Mais la visite au souk aux bijoux se termine dans un drame. La mère qui rêvait tant de ses bracelets que son mari lui offre, ne songe plus qu’a s’en débarrasser. Ils sont de mauvais augure et causeraient la ruine de la famille. Les ennuis de Lalla Aicha ne sont pas encore finis. Son mari vient de l’abandonner. Il a pris une seconde épouse, la fille de Si Abderahmen, le coiffeur.
Si l’enfant se consacre avec assiduité à ses leçons, il rêve toujours autant. Il s’abandonne dans son univers à lui, il est homme, prince ou roi, il fait des découvertes et il en veut à mort aux adultes de ne pas le comprendre. Sa santé fragile lui joue des tours. Alors que Lalla Aîcha racontait ses malheurs, il eut de violents maux de tête et fut secoué par la fièvre. Sa mère en fut bouleversée.

Chapitre IX
Un ménage en difficulté.

L’état de santé de l’enfant empire. Lalla Zoubida s’occupe de lui nuit et jour. D’autres ennuis l’attendent. Les affaires de son mari vont très mal. Il quitte sa petite famille pour un mois. Il part aux moissons et compte économiser de quoi relancer son atelier. L’attente, la souffrance et la maladie sont au menu de tous les jours et marquent le quotidien de la maison. Lalla Zoubida et Lalla Aicha, deux amies frappées par le malheur, décident de consulter un voyant, Sidi Al Arafi.

Chapitre X
Superstitions.
Les conseils , prières et bénédictions de Sidi Al Arafi rassurèrent les deux femmes. L’enfant est fasciné par le voyant aveugle. Lalla Zoubida garde l’enfant à la maison. Ainsi, elle se sent moins seule et sa présence lui fait oublier ses malheurs. Chaque semaine, ils vont prier sous la coupole d’un saint. Les prédications de Sidi A Arafi se réalisent. Un messager venant de la compagne apporte provisions, argent et bonne nouvelles de Sidi Abdesalam. Lalla Aicha invite Lalla Zoubida. Elle lui réserve une surprise. Il semble que son mari reprend le chemin de la maison.

ChapitreXI
Papotage de bonnes femmes.

Thé et papotage de bonnes femmes au menu chez Lalla Aicha. Salama, la marieuse, est là. Elle demande pardon aux deux amies pour le mal qu’elle leur a fait. Elle avait arrangé le mariage de Moulay Larbi. Elle explique que ce dernier voulait avoir des enfants. Elle apporte de bonnes nouvelles. Plus rien ne va entre Moulay Larbi et sa jeune épouse et le divorce est pour bientôt. Zhor, une voisine, vient prendre part à la conversation. Elle rapporte une scène de ménage. Le flot des potins et des médisances n’en fint pas et l’enfant lui , qui ne comprenait pas le sens de tous les mots est entraîné par la seule musique des syllabes.

Chapitre XII
Un conte de fée a toujours une chute heureuse.

La grande nouvelle est rapportée par Zineb. Maâlem Abdslem est de retour. Toute la maison est agitée. Des you you éclatent sur la terrasse Les voisines font des vœux. L’enfant et sa mère sont heureux . Driss, est arrivé à temps annoncer que le divorce entre Moulay Larbi et la fille du coiffeur a été prononcé. La conversation de Driss El Aouad et de Moulay Abdeslem, ponctuée de verres de thé écrase l’enfant. Il est pris de fatigue mais ne veut point dormir. Il se sent triste et seul. Il tire sa Boite à Merveille de dessous son lit, les figures de ses rêves l’y attendaient.
Fin
.

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Re: Le Français, 1ère année - Bac

Message par Invité le Ven 19 Jan 2007, 05:07

Shéma narratif de l'intrigue principale

situation initiale :
--- sidi mouhammed et ses parents mènent une vie tranquille a dar chouafa

Element pérturbateur:

---perte du pere de la bourse et de toute les economies

Peripeties:

---depart du père à la campagne, tristesse et pauvrete de la famille

Rebondissement:

---envoie de provisions et d'argent de la part du pere et annonces de bonne nouvelles

Situation finale:

---retour du pere de famille et retour du calme et de la joie de la famille de sidi mouhammed

>> Prise de http://etudefrancaise.jeun.fr

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Re: Le Français, 1ère année - Bac

Message par sinogirl le Ven 19 Jan 2007, 06:15

Antigone de jean Anouilh
Sa structure :
1) Présentation des personnages :- présentation d'Antigone ( = héroïne)
- présentation d'Ismène
- présentation d'Hémon
- présentation de Créon
- présentation de sa femme Eurydice, de la nourrice, puis du petit page de Créon
- présentation des trois gardes
La présentation des personnages s'effectue par ordre de proximité avec Antigone. Eurydice est quand même présentée alors qu'elle n'interviendra pas dans la pièce. La nourrice qui était pourtant avec Antigone depuis sa jeunesse n'est mentionnée qu'après Eurydice, ceci s'explique sans doute par le fait que la nourrice ne fait pas partie de la famille royale.
2) Présentation de l'histoire :
temporellement et spatialement, cette présentation est résumée "d'un bloc". On y annonce que c'est une tragédie et que la mort d'Antigone, d'Hémon et d'Eurydice est inéluctable.
Analyse :
I - Différences avec la tragédie classique :
Le Prologue est comme le "réalisateur" de la pièce. La distance avec Sophocle est marquée par la familiarité des attitudes des personnages, les gardes jouent aux cartes, et Ismène bavarde, et aussi par les anachronismes.
Normalement, lors de la scène d'exposition, les personnages principaux et l'intrigue sont exposés par un dialogue qui ne s'adresse pas directement au public. Dans Antigone, elle est beaucoup plus schématique, elle est traitée d'une manière moderne, les personnages sont présentés de manière organisé par ordre de proximité avec Antigone et l'un après l'autre.
Tous les personnages sont sur la scène, mais ils sont là comme si ils n'étaient pas encore en représentation mais en coulisses.
On peut aussi noter l'écart entre le personnage d'Antigone et son actrice : "Elle pense. Elle pense qu'elle va être Antigone tout à l'heure", "il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout..." La distance entre spectateurs et acteurs est marquée : " de nous tous, qui sommes là bien tranquilles à la regarder, de nous qui n'avons pas à mourir ce soir" Le vocabulaire du théâtre est utilisé ce qui ne nous permet pas d'oublier qu'on est au théâtre. Le suspense a été "cassé". Mais, en fin de compte, non, comme on connaît l'histoire, on a comme une espèce de supériorité par rapport aux personnages, et on ne connaît pas les réactions qu'ils vont avoir durant la scène. Anouilh le dit lui même dans Œdipe ou le Roi boiteux (cliquez ici pour voir l'extrait où il en parle ). Par ailleurs, on sait qu'on va voir une tragédie : la mort des personnages est annoncée et ils n'ont aucune issue pour y échapper.
Anouilh veut faire quelque chose de nouveau avec Antigone : il a écrit en prose avec un registre courant à familier alors que traditionnellement, les tragédies sont écrites en vers et avec un registre soutenu ; on découvre de nombreux anachronismes dans son œuvre comme : les trois gardes qui jouent aux cartes alors que les cartes n'existaient pas de ce temps - là et ils ont un chapeau au lieu d'un casque ; la reine tricote au lieu de s'occuper d'amour ou de politique, les gardes nous parlent de leurs enfants et de leurs femmes, ce qui ne se faisaient pas dans la tragédie classique, on nous dit qu'Ismène aime danser, ce qui est joyeux, alors que la tragédie doit être tragique ; on nous dit aussi à propos des gardes qu'ils "sentent l'ail, le cuir et le vin rouge", Anouilh traite les gardes sous un angle familier et en plus ils auront le droit à la parole dans le texte, alors que dans la tragédie classique, ils n'ont pas le droit de s'exprimer et on ne parle pas du tout de leur vie privée.


Dernière édition par le Ven 19 Jan 2007, 06:20, édité 2 fois

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Re: Le Français, 1ère année - Bac

Message par sinogirl le Ven 19 Jan 2007, 06:18

II - Les personnages


Composition de la famille royale :

Antigone et Ismène sont 2 sœurs mais elle s'éloigne à vitesse vertigineuse d'Ismène ("elle sent qu'elle s'éloigne à une vitesse vertigineuse de sa sœur Ismène" ), le Roi aussi est seul, Antigone et Créon, son oncle, sont donc tous les deux seuls, et cette solitude est fondamentale.
Personnage(s) d'Antigone : Antigone petite a un "sourire triste", des "yeux graves", elle est "noiraude", "renfermée", "maigre" et "petite", c'est l'image de l'antihéros, tous ces adjectifs qualifiant Antigone connotent la mort, le tragique. Par une espèce de métamorphose, l'Antigone de mythe va "se dresser seule en face du monde", "elle va surgir", c'est vraiment une héroïne. Cette différence est beaucoup plus importante que la différence entre l'Antigone petite et sa sœur Ismène dont elle s'éloigne d'ailleurs à vitesse vertigineuse, Ismène est jeune et aurait bien aimé vivre. Antigone est destinée à mourir dès sa naissance, c'est pourquoi elle est indifférente lorsqu'elle rencontre Hémon.
Hémon : C'est quelqu'un qui restera un peu mystérieux dans toute la pièce. On peut se demander si il aime vraiment Antigone. Le Prologue nous apprend qu'ils ne se marieront pas et que s'il n'avait choisi Ismène, il ne serait pas mort. Il est comme une espèce de pantin, il n'a pas de pouvoir alors qu'il est prince et destiné à devenir roi. C'est encore le petit garçon de son papa et de sa maman. Il n'existe pas vraisemblablement et son titre princier n'est qu'une apparence. Hémon se plie devant Antigone. Il n'a rien du jeune prince qui a de la consistance.
Eurydice : elle ne sait pas qu'elle va mourir, le regard porté sur Eurydice diffère nettement du regard qui est porté sur Hémon. On dit toujours Madame mais jamais la reine. On a l'impression que la tragédie se passe à côté d'elle et qu'elle ne la concerne pas. Elle est "bonne", "digne" et "aimante" mais cela ne la sauve pas de l'inutilité.
Créon : il ne peut s'appuyer sur personne : son fils est sans consistance, "seul avec son petit page qui est trop petit et qui ne peut rien non plus pour lui." Créon est le seul qui va monter une argumentation contre Antigone, c'est le Roi mais en fin de compte, il ne l'assume pas complètement, il se demande d'ailleurs si ce n'est pas vain de conduire les hommes. C'est un homme cultivé, il est assez ouvert et il a accepté par devoir le poste de roi.
Le Messager : il sait déjà, c'est lui qui viendra annoncer la mort d'Antigone. C'est une témoin privilégié. On peut encore noter un anachronisme : on sait quelque chose sur lui : il a le droit de rêver, d'avoir des envies et de n'avoir pas envie de faire son devoir, d'être pâle et solitaire.
Les gardes : Ils ne sont pas complètement réduits à leur fonction, on parle de choses dont on ne parlerait jamais dans la tragédie classique. Coté quotidien : Ils sentent l'ail, le cuir et le vin rouge. Anouilh insiste sur le fait qu'ils sont toujours innocents et toujours satisfaits d'eux-mêmes, de la justice. Ils ne se posent pas de questions sur l'existence. "Ils sont dépourvus de toute imagination". Anouilh insiste aussi sur leur lourdeur.</FONT>
III - Conclusion :


Écart entre l'image classique que l'on a des personnages par rapport à la tragédie classique où l'on ne présente que les personnages nobles : on n'aurait présenté qu'Hémon, Créon, Eurydice, Antigone et Ismène. Exceptée Antigone, les personnages sont caractérisées par leur banalité. Dans la tragédie classique, ils sont plutôt sublimes. La conception du pouvoir est différente : dans la tragédie classique, on se bat pour le pouvoir et ici, le pouvoir est perçu comme un fardeau qu'il faut accomplir tous les jours.
Dans la suite de la pièce, Créon essaye de composer avec Antigone, il essaye de la sauver. Anouilh a voulu mettre plus d'humanité dans la tragédie.
La pièce est désacralisée : on a enlevé le coté exceptionnel des personnages de tragédie qui ne sont pas humains mais surhumains. On y faisait un mythe des personnages. Le tragique de la pièce va se concentrer dans le personnage d'Antigone, les autres personnes tiennent à leur humanité.

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Re: Le Français, 1ère année - Bac

Message par sinogirl le Ven 19 Jan 2007, 06:23


Étude du texte :
"Écoute j'ai bien réfléchi ... ma petite sœur"



Antigone refuse de dialoguer : on le remarque par toutes les oppositions avec Ismène : "Moi je suis plus pondérée. Je réfléchis." // Antigone : "Il y a des fois où il ne faut pas trop réfléchir" ; "je comprends un peu" // "moi je ne veux pas comprendre un peu".
Ismène se valorise, elle dit qu'elle a toujours raison : "réfléchir", "raison", "pondérée". C'est elle qui mène le dialogue dans un premier temps : "Écoute". Ses arguments sont réalistes : elle dit que Créon n'a pas totalement tort : "Il est le roi, il faut qu'il donne l'exemple", son attitude s'explique par sa fonction de roi. Ismène est partagée : elle a une attitude réaliste presque adulte et elle essaie de comprendre les uns et les autres. Il n'y a pas de partis tranchés chez Anouilh. Dans la pièce de Sophocle, Antigone défend les lois sacrés contre la tyrannie. Ici on a une version plus "mitigée" des choses.
Antigone reprend des phrases de sa sœur de manière laconique, ces réponses ne permettent pas d'entrer dans un débat de fond avec Ismène, mais elles nous permettent de comprendre Antigone. On a l'impression qu'elle se démarque : "Moi, je ne suis pas le roi. Il ne faut pas que je donne l'exemple, moi... Ce qui lui passe par la tête, la petite Antigone, la sale bête, l'entêtée, la mauvaise, et puis on la met dans un coin ou dans un trou. Et c'est bien fait pour elle. Elle n'avait qu'à ne pas désobéir !". Elle se traite à la 3e personne en utilisant un vocabulaire péjoratif. Antigone veut nous dire qu'elle est libre : "je ne suis pas le roi", sa liberté existe depuis toujours et elle le revendique. L'affaire de Polynice n'en est qu'une partie. Elle a été depuis toujours indomptable. En fait, ce qu'elle nous dit n'est pas péjoratif pour elle. Sa sœur est présentée comme quelqu'un de plus raisonnable. Antigone ne veut pas s'enfermer dans un conformisme et faire comme tout le monde. Pour elle "comprendre" rejoint obéir et être raisonnable. Ce verbe est repris par anaphore : "Il fallait comprendre" ( x2) et il est répété 7 fois en tout dans cette tirade. Elle oppose la notion de raison à l'envie de faire ce qu'elle veut quand elle veut. Elle avait envie de tout vivre pleinement : "manger tout à la fois", "donner tout ce qu'on a", "courir jusqu'à ce qu'on tombe". Ce désir d'absolu est lié à sa jeunesse : "Je comprendrai quand je serais vieille". Elle veut braver les interdits par ses jeux d'enfants, gratuits et agréables. Ce sont des plaisirs simples : elles jouent avec les éléments naturels : l'eau (" toucher à l'eau, à la belle eau fuyante et froide"), le vent ("courir, courir dans le vent jusqu'à ce qu'on tombe par terre") et la terre. Le rôle de la Nature et de cette innocence sont importants chez Antigone. La liberté s'exprime encore par l'expression "courir, courir dans le vent". Tout ces jeux s'opposent aux règles sociales. Elle revendique la liberté de vivre naturellement et dans l'innocence face à la norme sociale donnée par Créon, contrairement à sa sœur qui accepte les règles dictées par le roi. Antigone est l'image de la jeunesse exigeante ce qui dépasse le point de vue donné par la pièce de Sophocle.
Notion de vivre : Paradoxalement, on a l'impression qu'Antigone est plus sensible à la vie que sa sœur. Elle l'affirme par des questions oratoires : "Qui se levait la première, le matin, rien que pour sentir l'air froid sur sa peau nue? Qui se couchait la dernière seulement quand elle n'en pouvait plus de fatigue, pour vivre encore un peu de la nuit? Qui pleurait déjà toute petite, en pensant qu'il y avait tant de petites bêtes, tant de brins d'herbe dans le pré et qu'on ne pouvait pas tous les prendre? " Elle trouve le temps trop court et elle veut donc le vivre au maximum : "la première, le matin", "la dernière [...] quand elle n'en pouvait plus de fatigue, pour vivre encore un peu de la nuit". Elle se présente comme la petite fille qui ne grandira pas. Pour elle vieillir, c'est devenir Ismène. Elle utilise l'imparfait pour dire à Ismène que c'était la dernière fois qu'elle faisait cela. Elle veut vivre pleinement le temps avec la nature, elle est en osmose avec elle, rien ne les séparent : "peau nue". Contrairement à Ismène qui est belle par son artifice : "belle robe". Elle veut vivre de la nuit, où elle est seule à seul avec la nature, comme si elle en tirait son énergie vitale. Ce désir de communion, de familiarité avec la nature s'exprime dans ce qu'elle a de plus commun : "petites bêtes". On retrouve cette notion de pureté et d'innocence d'Antigone.
Le type de dialogue entre les 2 personnages marquent bien le fossé qui les écartent. Ceci était déjà exprimé dans le prologue.
Dans deux tirades, Ismène manifeste sa peur. Dans la première : sa peur vient du conformisme : "ils pensent tous comme lui" et du collectif qu'elle dévalorise : "des milliers et des milliers [...] grouillant". Elle vient de la loi du nombre, le nombre est relié par la taille de la ville : "dans toutes les rues de Thèbes", "dans la ville". Elle y utilise le "nous", elle se sent proche de sa sœur, elle n'a plus cette innocence. Dans la deuxième tirade : elle évoque la foule : elle essaie d'impressionner Antigone par la quantité : "mille bras", "mille visages", "unique regard", ils regardent tous Antigone avec leurs deux mille yeux : ceci exprime encore la peur du conformisme. Ce vocabulaire haineux, du mépris, doit faire peur à Antigone : "cracheront à la figure", "leur haine". Elle a peur des gardes qui l'enverront jusqu'à la mort : "supplice", elle les décrit comme des animaux qui ont la tête gonflée, qui ne réfléchissent pas : "regard de bœuf", "têtes d'imbéciles" et comme des gens grossiers, patauds, qui manquent de délicatesse : "grosses mains lavées", "cols raides". C'est son imaginaire qui la conduit et elle est déjà au stade du supplice où elle est accompagnée par les gardes dans la charrette qui sont une autre représentation de Créon. Elle a surtout peur de souffri

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Re: Le Français, 1ère année - Bac

Message par Invité le Ven 19 Jan 2007, 06:23

Antigone de Jean Anlouih

De l'Antigone de Sophocle (441 avant Jésus-Christ) à celle de Jean Anouilh
Antigone appartient aux légendes attachées à la ville de Thèbes. Elle est l'une des enfants nés de l'union incestueuse du roi de Thèbes Œdipe et de sa propre mère, Jocaste . Antigone est la sœur d'Ismène, d'Etéocle et de Polynice. Elle fait preuve d'un dévouement et d'une grandeur d'âme sans pareils dans la mythologie.

Quand son père est chassé de Thèbes par ses frères et quand, les yeux crevés, il doit mendier sa nourriture sur les routes, Antigone lui sert de guide. Elle veille sur lui jusqu'à la fin de son existence et l'assiste dans ses derniers moments.

Puis Antigone revient à Thèbes. Elle y connaît une nouvelle et cruelle épreuve. Ses frères Etéocle et Polynice se disputent le pouvoir. Ce dernier fait appel à une armée étrangère pour assiéger la ville et combattre son frère Etéocle. Après la mort des deux frères, Créon, leur oncle prend le pouvoir . Il ordonne des funérailles solennelles pour Etéocle et interdit qu'il soit donné une sépulture à Polynice, coupable à ses yeux d'avoir porté les armes contre sa patrie avec le concours d'étrangers. Ainsi l'âme de Polynice ne connaîtra jamais de repos. Pourtant Antigone, qui considère comme sacré le devoir d'ensevelir les morts, se rend une nuit auprès du corps de son frère et verse sur lui, selon le rite, quelques poignées de terre. Créon apprend d'un garde qu'Antigone a recouvert de poussière le corps de Polynice. On amène Antigone devant lui et il la condamne à mort. Elle est enterrée vive dans le tombeau des Labdacides . Plutôt que de mourir de faim, elle préfère se pendre.

Hémon, fils de Créon et fiancé d'Antigone se suicide de désespoir . Eurydice , l'épouse de Créon ne peut supporter la mort de ce fils qu'elle adorait et met fin elle aussi à ses jours.

La pièce de Sophocle (441 avant Jésus-Christ) commence lorsqu'Antigone décide de braver l'interdiction de son oncle Créon et d'ensevelir le corps de son frère Polynice.

C'est de ce texte de Sophocle que va s'inspirer Anouilh pour écrire Antigone en 1942 : " l'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par cœur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre , le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon , avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre".



Cette pièce , créée en 1944, connaît un immense succès public mais engendre une polémique. Certains reprochent à Anouilh de défendre l'ordre établi en faisant la part belle à Créon . Ses défenseurs , au contraire , voient dans Antigone la "première résistante de l'histoire" et dans la pièce un plaidoyer pour l'esprit de révolte.

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Re: Le Français, 1ère année - Bac

Message par sinogirl le Ven 19 Jan 2007, 06:23

Tirade de Créon : "L'orgueil d'Œdipe [...] il n'y a pas si longtemps"


Quelques remarques


Dans cette tirade, Créon démontre que la fatalité est révolue. Le mythe est dévalorisé ainsi que le tragique. Il traite Antigone comme une enfant. Il prend la place de son père, il accuse Antigone de s'assimiler à Œdipe et donc d'obéir à la fatalité qui est cherchée par Antigone.
Commentaire


Introduction


Les gardes sont venus avec Antigone et Créon est bien embêté. Il est mis au défit par Antigone. Créon pense qu'Antigone imagine ne rien risquer à cause de sa qualité de fille d'Œdipe, Antigone nie, d'où l'expression l'orgueil d'Œdipe. Nous étudierons successivement Créon vis-à-vis du mythe par rapport à sa fonction de Roi et son attitude à l'égard d'Antigone.
I - Créon vis-à-vis du mythe par rapport à sa fonction de Roi


Créon reprend les éléments du mythe : "tuer votre père", "coucher avec votre mère", "apprendre tout cela après", "se crever les yeux", "aller mendier sur les routes", "un messager crasseux dévale ..." où l'on découvre le besoin de tête à tête avec le destin et la mort d'Antigone.
Le mythe est présenté avec un côté malsain : "breuvage", "boit goulûment", "avidement" comme si il procurait du plaisir lors de sa dégustation, ce qui est paradoxal : on prend plaisir avec ce qui va faire le malheur. Le registre familier est utilisé : "hein", ce qui a pour effet de désacraliser le mythe.
Quand on s'appelle Œdipe ou Antigone, l'orgueil, d'être au-dessus des autres, nourrit le plaisir. Le malheur humain, c'est trop peu pour eux. "l'humain vous gêne aux entournures dans la famille" : la nature humaine est trop étroite, ils sont à l'aise avec des choses qui n'arrivent pas aux autres.
"le plus simple après, c'est encore...", quelque chose qui a du être terrible pour Œdipe serait simple ? Oui : C'est tourner le dos à la vérité, il met un voile parce que la vérité est très aveuglante. Créon le traite de manière ironique, à la légère, il refuse ce mythe. Créon utilise le "votre" qui a pour effet de mettre Antigone dans le même panier que son père. Il utilise des infinitifs, qui généralisent comme si ça arrivait tous les jours. Le messager est dévalorisé : par l'adjectif "crasseux" et l'expression "dévale du fond des montagnes". "regarder ta tante sous le nez", pour vérifier l'identité de sa tante, expression familière qui dévalorise, confronter les dates est une attitude familière.
Conception du pouvoir de Créon : "Et bien non", on passe de l'époque du mythe au non-événement. Le pathétique éveille la pitié à l'égard des faibles, Créon dévalorise le tragique. Créon a une attitude réaliste : "les deux pieds par terre", "les mains [...] dans mes poches". Il est comme quelqu'un qui ferait son métier comme un paysan. Son objectif est de remettre de l'ordre dans le monde.

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Re: Le Français, 1ère année - Bac

Message par Invité le Ven 19 Jan 2007, 06:25

Résumé d'Antigone de Jean Anouilh


Tragédie en prose , en un acte.

Le personnage baptisé le Prologue présente les différents protagonistes et résume la légende de Thèbes ( Anouilh reprend cette tradition grecque qui consiste à confier à un personnage particulier un monologue permettant aux spectateurs de se rafraîchir la mémoire. Le Prologue replace la pièce dans son contexte mythique). Toute la troupe des comédiens est en scène. Si certains personnages semblent ignorer le drame qui se noue, d'autres songent déjà au désastre annoncé.

Antigone rentre chez elle , à l'aube, après une escapade nocturne. Elle est surprise par sa nourrice qui lui adresse des reproches. L'héroïne doit affronter les questions de sa nounou. Le dialogue donne lieu à un quiproquo . La nourrice prodigue des conseils domestiques ( " il va falloir te laver les pieds avant de te remettre au lit") tandis qu'Antigone évoque son escapade avec beaucoup de mystère ( " oui j'avais un rendez-vous") . Mais elle n'en dira pas plus.

La nourrice sort et Ismène, la sœur d'Antigone, dissuade cette dernière d'enfreindre l'ordre de Créon et d'ensevelir le corps de Polynice. Ismène exhorte sa sœur à la prudence ("Il est plus fort que nous, Antigone, il est le roi") . Antigone refuse ces conseils de sagesse . Elle n'entend pas devenir raisonnable.

Antigone se retrouve à nouveau seule avec sa nourrice. Elle cherche à surmonter ses doutes et demande à sa nourrice de la rassurer. Elle tient aussi des propos ambigus pour ceux ( et c'est le cas de la nourrice) qui ne connaissent pas son dessein . Elle semble décidée à mourir et évoque sa disparition à mots couverts " Si, moi , pour une raison ou pour une autre, je ne pouvais plus lui parler...".

Antigone souhaite également s'expliquer avec son fiancé Hémon. Elle lui demande de le pardonner pour leur dispute de la veille. Les deux amoureux rêvent alors d'un bonheur improbable. Sûre d'être aimée , Antigone est rassurée. Elle demande cependant à Hémon de garder le silence et lui annonce qu'elle ne pourra jamais l'épouser. Là encore , la scène prête au quiproquo : le spectateur comprend qu'Antigone pense à sa mort prochaine, tandis qu'Hémon , qui lui n'a pas percé le dessein d'Antigone, est attristé de ce qu'il prend pour un refus.

Ismène revient en scène et conjure sa sœur de renoncer à son projet. Elle affirme même que Polynice, le "frère banni", n'aimait pas cette sœur qui aujourd'hui est prête à se sacrifier pour lui.

Antigone avoue alors avec un sentiment de triomphe, qu'il est trop tard, car elle a déjà , dans la nuit, bravé l'ordre de Créon et accompli son geste " C'est trop tard. Ce matin , quand tu m'as rencontrée , j'en venais."

Jonas, un des gardes chargés de surveiller le corps de Polynice, vient révéler à Créon, qu'on a transgressé ses ordres et recouvert le corps de terre. Le roi veut croire à un complot dirigé contre lui et fait prendre des mesures pour renforcer la surveillance du corps de Polynice. Il semble également vouloir garder le secret sur cet incident : " Va vite. Si personne ne sait, tu vivras."

Le chœur s'adresse directement au public et vient clore la première partie de la pièce. Il commente les événements en exposant sa conception de la tragédie qu'il oppose au genre littéraire du drame. Le chœur affiche également une certaine ironie et dévoile les recettes de l'auteur : "c'est cela qui est commode dans la tragédie. On donne un petit coup de pouce pour que cela démarre... C'est tout. Après on n'a plus qu'à laisser faire. On est tranquille. Cela roule tout seul."

Antigone est traînée sur scène par les gardes qui l'ont trouvée près du cadavre de son frère. Ils ne veulent pas croire qu'elle est la nièce du roi , et la traitent avec brutalité. Ils se réjouissent de cette capture et des récompenses et distinctions qu'elle leur vaudra.

Créon les rejoint. Les gardes font leur rapport . Le roi ne veut pas les croire. Il interroge sa nièce qui avoue aussitôt. Il fait alors mettre les gardes au secret, avant que le scandale ne s'ébruite.

Créon et Antigone restent seuls sur scène. C'est la grande confrontation entre le roi et Antigone. Le roi souhaite étouffer le scandale et ramener la jeune fille à la raison. Dans un premier temps , Antigone affronte Créon qui tente de la dominer de son autorité.

Les deux protagonistes dévoilent leur personnalité et leurs motivations inconciliables. Créon justifie les obligations liées à son rôle d'homme d'état . Antigone semble sourde à ses arguments : (Créon : Est ce que tu le comprends cela ? Antigone : " Je ne veux pas le comprendre.") . A court d'arguments Créon révèle les véritables visages de Polynice et d'Etéocle et les raisons de leur ignoble conflit. Cet éclairage révolte Antigone qui semble prête à renoncer et à se soumettre. Mais c'est en lui promettant un bonheur ordinaire avec Hémon, que Créon ravive son amour-propre et provoque chez elle un ultime sursaut. Elle rejette ce futur inodore et se rebelle à nouveau. Elle choisit une nouvelle fois la révolte et la mort.

Ismène , la sœur d'Antigone entre en scène alors que cette dernière s'apprêtait à sortir et à commettre un esclandre , ce qui aurait obligé le roi à l'emprisonner. Ismène se range aux côtés d'Antigone et est prête à mettre elle aussi sa vie en jeu. Mais Antigone refuse , prétextant qu'il est trop facile de jouer les héroïnes maintenant que les dés ont été jetés. Créon appelle la garde , Antigone clôt la scène en appelant la mort de ses cris et en avouant son soulagement ( Enfin Créon !)

Le chœur entre en scène. Les personnages semblent avoir perdu la raison, ils se bousculent. Le chœur essaye d'intercéder en faveur d'Antigone et tente de convaincre Créon d'empêcher la condamnation à mort d'Antigone. Mais le roi refuse , prétextant qu'Antigone a choisi elle-même son destin, et qu'il ne peut la forcer à vivre malgré elle.

Hémon vient lui aussi, ivre de douleur, supplier son père d'épargner Antigone, puis il s'enfuit.

Antigone reste seule avec un garde. Elle rencontre là le "dernier visage d'homme". Il se révèle bien mesquin, et ne sait parler que de grade et de promotion. Il est incapable d'offrir le moindre réconfort à Antigone. Cette scène contraste, par son calme, avec le violent tumulte des scènes précédentes. Apprenant qu'elle va être enterrée vivante, éprouvant de profonds doutes ( " Et Créon avait raison, c'est terrible maintenant, à côté de cet homme, je ne sais plus pourquoi je meurs." , Antigone souhaite dicter au garde une lettre pour Hémon dans laquelle elle exprime ses dernières pensées. Puis elle se reprend et corrige ce dernier message ( "Il vaut mieux que jamais personne ne sache"). C'est la dernière apparition d'Antigone.

Le messager entre en scène et annonce à Créon et au public la mort d'Antigone et la mort de son fils Hémon. Tous les efforts de Créon pour le sauver ont été vains. C'est alors le chœur qui annonce le suicide d'Eurydice, la femme de Créon : elle n'a pas supporté la mort de ce fils qu'elle aimait tant. Créon garde un calme étonnant . Il indique son désir de poursuivre " la salle besogne " sans faillir. Il sort en compagnie de son page.

Tous les personnages sont sortis. Le chœur entre en scène et s'adresse au public : Il constate avec une certaine ironie la mort de nombreux personnages de cette tragédie : "Morts pareils, tous, bien raides, bien inutiles, bien pourris." La mort a triomphé de presque tous . Il ne reste plus que Créon dans son palais vide . Les gardes , eux continuent de jouer aux cartes , comme ils l'avaient fait lors du Prologue. Ils semblent les seuls épargnés par la tragédie. Ultime dérision.

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Re: Le Français, 1ère année - Bac

Message par sinogirl le Ven 19 Jan 2007, 06:25

Étude :


dernier échange entre Antigone et le garde ("Écoute...)


Et c'est à qui qu'elle est adressée ? Tout d'abord, quelques remarques sur ce qui précède :


On remarque que le garde est omnibulé par son avenir, son avancement, il ne pense qu'à lui. Il emploie du vocabulaire familier. Il a quelque chose de comique qui est pitoyable, son discours est presque caricatural, Antigone ne s'y intéresse pas. Le garde en est dévalorisé. L'embrouillement des sonorités traduit l'embrouillement qui règne dans sa tête. Il est aux antipodes des pensées d'Antigone. Il est profondément indifférent à l'égard du tragique, comparable à l'indifférence de Créon qui se remet à sa tâche comme si rien ne s'était passé (voir p. 122). On remarque encore des anachronismes, notamment avec le terme "allocations".



Écart des tonalités entre les deux personnages


Attitude du garde dans ce passage :


Antigone a arrêté son discours : "Écoute." Le garde essaie de se mettre à l'abri de ce qu'elle dit ensuite, alors que ce qu'elle dit n'est pas banal et devrait renvoyer à sa propre mort. C'est comme si il était complètement imperméable à ce que dit Antigone, il poursuit son argumentation comme si elle (son argumentation) échappait complètement au garde. Le monde est indifférent, il laisse Antigone seule.
Tout ce qu'il lui dit constitue les éléments de son propre bonheur : la considération (= être reconnu), être presque un fonctionnaire. Mais on peut comprendre cela comme péjoratif sous le regard d'Anouilh et d'Antigone, son bonheur est constitué par du quotidien. Il crée un anachronisme (police // gendarmerie) (sergent // garde). Le garde répond sans tact comme si ça ne concernait pas Antigone. Il le dit de manière abrupte, par exemple : "pour ne pas se souiller", c'est une remarque inutile et blessante pour Antigone. On peut penser qu'il aurait été compréhensif avec Antigone s'il s'était arrêter à "Je ne sais pas" mais il poursuit et raconte des choses dont il n'est même pas certain et en plus, il raconte des choses horribles : "vous murer dans un trou" et il le dit directement comme si Antigone n'était pas concernée par ce sort.
Le garde possède une espèce de balourdise, ce qu'il fait qu'il se sent obligé de donner des précisions : "d'abord". Ceci est souligné par la didascalie : "Le garde se fait une chique", il s'en moque, il vit son petit bonheur. Lorsque Antigone le questionne sur le mal pour mourir : il ramène ça à lui. Ce qu'il dit est décribilisé : "Je ne peux pas vous dire" mais il le dit tout de même : "Pendant la guerre, ceux qui étaient touchés au ventre, ils avaient mal.", ça ne le dérange pas de dire des choses horribles comme elles ne le concernent pas : "Moi, je n'ai jamais été blessé". Il y a quelque part quelque chose d'odieux du garde envers Antigone, mais ce n'est pas par méchanceté, c'est par balourdise. Sans cesse, il revient à l'obsession de l'avancement, il est caricaturé, et ces répétitions doivent provoquer des rires. Le garde n'a pas d'épaisseur psychologique, au delà de son côté affectif, Créon n'a pas de grande profondeur.
Là encore, l'accent est mis sur le sort des gardes et non pas d'Antigone. Le garde insiste sur ce que va vivre les gardes qui surveilleront le "tombeau nuptial" d'Antigone, "en plein soleil". Il a pitié à l'égard de ceux qui vont devoir garder la caverne, et cette pitié est mélangée à une espèce de revendication, de râlerie. Il reste centré sur ces problèmes internes de fonctionnement. "Étonnez-vous", ce "vous" s'adresse à Antigone, c'est plus important pour lui que sa mort, il l'implique dans ces problèmes. Ça semble donner une importance considérable à tous ces problèmes. Quelque part, il recherche l'approbation explicite d'Antigone par les exclamatives : "Elle a bon dos, la garde !". La didascalie renvoie à la précédente : "qui a fini sa chique", Antigone est "soudain lasse".
Le discours du garde agit comme une mécanique indépendante d'Antigone alors que plus haut, on avait un désir de dialogue.
Antigone :


Ses questions à propos de sa mort vivante sont au cœur de l'essentiel. Elles expriment la teneur devant le sort qui l'attend par rapport à l'éloignement du garde. Elle va au plus direct : elle donne des réponses courtes.
Anouilh a voulu reprendre le désarroi d'Antigone, présent chez Sophocle, il utilise 3 fois "Ô". L'expression "lit nuptial" renvoie aux noces : elle se marie avec la mort, ce sera son mari, ceci connote comme une espèce d'amour envers ce destin. Parallélisme entre la nuit d'amour et la nuit de mort : Hémon va se tuer pour Antigone (p. 119). Le bonheur absolu ne peut qu'engendrer la mort. Ça montre bien que la mort était destinée au mariage. C'est ce bonheur suprême qu'elle évoquait précédemment pour désigner Hémon. Pour mourir, elle sera "toute seule", mais mourir avec Antigone ne la gênerait pas : "Elle s'entoure de ses bras". Elle peut être davantage elle même ? C'est quelqu'un qui a besoin d'absolu (comme un grand marin, un alpiniste de haute montagne...) et qui n'a donc pas peur de la mort. En quelque sorte, elle s'approprie la mort.
La Lettre


Le garde :


On note toujours cette même indifférence. En plus, ce n'est pas lui qui risque gros mais Antigone. Il demande si la bague qu'elle lui donne est en or, connote la corruption. La position de principe paraît simple : il est garde et sa cupidité plus sa corruption font qu'il transige. Le garde rejoint l'art de l'arrangement qui est celui de Créon. Le garde répète les phrases d'Antigone et les commente, il les écrit sans comprendre. Anouilh utilise un procédé comique : un élève qui écrit une dictée : "suce sa mine", "répète lentement", "peine sur sa dictée", "écrit suçant sa mine". Le fait de répéter de sa grosse voix qui devrait être pathétique dévalorise et désacralise sa lettre. Les commentaires du garde sont dévalorisants et ignobles. Anouilh en fait une espèce de généralisation qui efface le poids de la mort d'Antigone. Lorsque le garde lui dit que "C'est une drôle de lettre", il dévalorise les dernières paroles d'Antigone.</FONT>
Évolution d'Antigone


D'une part, Créon est comme réhabilité : "Créon avait raison". Elle se rend compte que "c'était simple de vivre...". Et d'autre part, c'est se révéler, elle avoue qu'elle n'est pas si certaine et si intransigeante qu'elle le disait auparavant. Elle dit même "Pardon" pour ce qu'elle a fait, elle se rend compte qu'elle a fait une erreur, qu'elle a blessé Hémon et qu'elle a vécu pour elle même et non pas pour les autres. "Sans la petite Antigone, vous auriez tous été bien tranquilles." Elle se considère comme quelqu'un qui les empêche de vivre. La tranquillité, ça veut dire aussi que la petite Antigone est là pour rappeler qu'il faut vivre une vie absolue et non pas une vie pépère. Elle "raye" en quelque sorte sa peur par rapport aux autres. Mais est-ce qu'elle le raye dans son esprit ? Cette ambiguïté semble perçue par le garde qui dit "c'est une drôle de lettre." Et Antigone le lui confirme.
Quelque part, ça lui donne une humanité qu'elle n'avait pas auparavant, cela renforce le tragique de la pièce. En fait, le véritable destinataire de la lettre, c'est le spectateur, c'est un subterfuge pour connaître les états d'âmes d'Antigone.

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Re: Le Français, 1ère année - Bac

Message par sinogirl le Ven 19 Jan 2007, 06:28

Antigone de Jean Anouilh


Fiche signalétique d'Antigone :


Le texte de référence est celui publié par les Éditions de la Table Ronde, en 1999.
La pièce est composée sous sa forme quasi-définitive en 1942, et reçoit à ce moment l'aval de la censure hitlérienne. Elle n'est jouée la première fois que deux ans après, le 4 février 1944, au théâtre de l'Atelier à Paris, sans doute à cause de difficultés financières. Après une interruption des représentations en août 1944, due aux combats pour la libération de Paris, elles reprennent normalement.
Antigone sera ensuite à nouveau représenté à Paris en 1947, 1949 et 1950 mais aussi dès mai 1944 à Bruxelles, en 1945 à Rome, et en 1949 à Londres.
Le contexte historique :


Antigone est une pièce des années noires, lorsque la France connaît la défaite face aux armées nazies et elle tombe sous l'Occupation. Nous étudierons d'une part l'Occupation : la situation générale et ensuite la radicalisation du régime de Vichy et d'autre part les origines historiques de la pièce.
En 1942, Jean Anouilh réside à Paris, qui est occupée par les Allemands depuis la débâcle de 1940 et l'Armistice. La République a été abolie et remplacée par l'État français, sous la direction du maréchal Pétain. La France est alors découpée en plusieurs régions : une zone libre au Sud, sous l'administration du régime de Vichy, une zone occupée au Nord, sous la coupe des Allemands, une zone d'administration allemande directe pour les départements du Nord et du Pas-de-Calais, rattachés à la Belgique, une zone annexée au Reich : l'Alsace-Lorraine et enfin, une zone d'occupation italienne dans le Sud-Est (Savoie).
Refusant l'Armistice et le gouvernement de Vichy, le général Charles de Gaulle lance un appel aux Français le 18 juin 1940 depuis Londres et il regroupe ainsi autour de lui les Forces françaises libres (F.F.L.). C'est le début de la Résistance. Le 23 septembre 1941, un "Comité national français" a été constitué, c'est une première étape vers un gouvernement en exil. En métropole, la Résistance s'organise, tout d'abord de façon indépendante et sporadique (qui se produit occasionnellement), puis en se rapprochant de de Gaulle sous la forme de réseaux, comme Combat. En 1942, le mouvement a déjà pris une certaine ampleur qui se manifeste par des actes de sabotage et des attentats contre des Allemands et des collaborateurs ; l'armée d'occupation réplique par des représailles massives et sanglantes.
L'année 1942, marque un tournant décisif dans cette période. Les rapports de force se sont modifiés, car les États-Unis viennent de déclarer la guerre à l'Allemagne. En France, le 19 avril 1942, Pierre Laval revient au pouvoir après une éclipse d'un an et demi et accentue la collaboration avec Hitler. Dans un discours radiodiffusé le 22 juin 1942, il déclare fermement : "Je souhaite la victoire de l'Allemagne" et il crée le Service du travail obligatoire (S.T.O.) pour l'aider en envoyant des ouvriers dans leurs usines de guerre. La rafle du Vél. d'Hiv. le 16 juillet 1942 envoie des milliers de juifs, via Drancy, dans les camps de concentration de d'extermination.
Ce n'est qu'en 1944 que nazis et collaborateurs subissent de véritables revers. Le Comité national de la Résistance (C.N.R.), institué le 15 mai 1943, fédère les différentes branches de la lutte antinazie et prépare l'après-guerre. Le 6 juin 1944, le débarquement des Alliés en Normandie déclenche l'insurrection des maquis en France et organise la reconquête du territoire français. Paris se soulève avant le moment prévu et se libère seul fin août 1944.
Avant même que la guerre ne soit terminée, l'épuration se met en place : de nombreux sympathisants du régime de Vichy sont jetés en prison et condamnés, certains sont exécutés, parfois sans procès ; les milieux culturels (journalistes, écrivains et acteurs) ne sont pas épargnés. C'est dans ce climat troublé que de Gaulle regagne la France et en assure dans un premier temps le gouvernement.

C'est à un acte de résistance qu'Anouilh doit l'idée de travailler sur le personnage d'Antigone. En août 1942, un jeune résistant, Paul Collette, tire sur un groupe de dirigeants collaborationnistes au cours d'un meeting de la Légion des volontaires français (L.V.F.) à Versailles, il blesse Pierre Laval et Marcel Déat. Le jeune homme n'appartient à aucun réseau de résistance, à aucun mouvement politique ; son geste est isolé, son efficacité douteuse. La gratuité de son action, son caractère à la fois héroïque et vain frappent Anouilh, pour qui un tel geste possède en lui l'essence même du tragique. Nourri de culture classique, il songe alors à une pièce de Sophocle, qui pour un esprit moderne évoque la résistance d'un individu face à l'État. Il la traduit, la retravaille et en donne une version toute personnelle.
La nouvelle Antigone est donc issue d'une union anachronique, celle d'un texte vieux de 2400 ans et d'un événement contemporain.
Présentation de la pièce :


Il faut garder en mémoire que dans la pièce de Sophocle le personnage tragique n'est pas Antigone, mais Créon. Comme Œdipe, son neveu, dont il prend la suite, Créon s'est cru un roi heureux. En cela, il fait preuve de "démesure" (ubris, en grec), pour cela il doit être puni. Antigone est l'instrument des dieux, Hémon le moyen, Créon la victime. Lui seul est puni en fin de compte. La mort d'Antigone n'est en rien une punition, puisqu'elle n'a commis aucune faute, au regard de la loi divine - au contraire. La tragédie est celle d'un homme qui avait cru à son bonheur et que les dieux ramènent aux réalités terrestres.
Représentée dans un Paris encore occupé, Antigone à sa création a suscité des réactions passionnées et contrastées. Le journal collaborationniste Je suis partout porte la pièce aux nues : Créon est le représentant d'une politique qui ne se soucie guère de morale, Antigone est une anarchiste (une "terroriste", pour reprendre la terminologie de l'époque) que ses valeurs erronées conduisent à un sacrifice inutile, semant le désordre autour d'elle. Des tracts clandestins, issus des milieux résistants, menacèrent l'auteur. Mais simultanément, on a entendu dans les différences irréconciliables entre Antigone et Créon le dialogue impossible de la Résistance et de la collaboration, celle-là parlant morale, et celui-ci d'intérêts. L'obsession du sacrifice, l'exigence de pureté de l'héroïne triomphèrent auprès du public le plus jeune, qui aima la pièce jusqu'à l'enthousiasme. Les costumes qui donnaient aux gardes des imperméables de cuir qui ressemblaient fort à ceux de la Gestapo aidèrent à la confusion. Pourtant, même sur ces exécutants brutaux Anouilh ne porte pas de jugement : "Ce ne sont pas de mauvais bougres, ils ont des femmes, des enfants, et des petits ennuis comme tout le monde, mais ils vous empoigneront les accusés le plus tranquillement du monde tout à l'heure. Ils sentent l'ail, le cuir et le vin rouge et ils sont dépourvus de toute imagination. Ce sont les auxiliaires toujours innocents et toujours satisfaits d'eux-mêmes de la justice.". Et ne pas juger ces "auxiliaires de la justice", les excuser même, un an après la rafle du Vel'd'Hiv peut paraître un manque complet de sensibilité - ou la preuve d'une hauteur de vue qui en tout cas démarque la pièce de l'actualité immédiate.
Même si les positions politiques ultérieures d'Anouilh, et tout son théâtre, plein de personnages cyniques et désabusés, le situent dans un conservatisme ironique, on peut postuler qu'Antigone est en fait une réflexion sur les abominations nées de l'absence de concessions, que ce soit au nom de la Loi (Créon) ou au nom du devoir intérieur (Antigone). C'est le drame de l'impossible voie moyenne entre deux exigences aussi défendables et aussi mortelles, dans leur obstination, l'une que l'autre.

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Re: Le Français, 1ère année - Bac

Message par Invité le Ven 19 Jan 2007, 06:30

Les personnages de la piéce
Antigone
Antigone est le personnage clé de la pièce . Dès le prologue, règne autour d'elle un sentiment de fatalité, de destin inéluctable – "Elle aurait bien aimé vivre Mais il n’y a rien a faire. Elle s’appelle Antigone et il va falloir qu’elle joue son rôle jusqu’au bout."

Dès le début, Antigone s'oppose à sa sœur Ismène, qui incarne son contraire. Antigone, c'est "la maigre jeune fille moiraude et renfermée", tandis que sa sœur "la blonde, la belle, l'heureuse Ismène" a les traits de l'héroïne parfaite.

Antigone est déterminée et mystérieuse. On apprend aussi qu'elle elle est "hypocrite", a un "sale caractère, qu'elle est "la sale bête, l'entêtée, la mauvaise". Au contraire, Ismène semble disposer de tous les atouts, mais malgré cela, c'est Antigone qui fascine : "Pas belle comme nous, lui dit sa sœur, mais autrement. Tu sais bien que c'est sur toi que se retournent les petits voyous dans la rue ; que c'est toi que les petites filles regardent passer, soudain muettes sans pouvoir te quitter des yeux jusqu'à ce que tu aies tourné le coin."; C'est Antigone également qui séduit Hémon : elle se révèle à la fois sensuelle lors de la scène avec son fiancé, et sensible lors de ses discussions avec la Nourrice.

Antigone a une personnalité que Créon n'hésite pas à qualifier d'orgueilleuse. Elle possède en elle une force qui la pousse à aller où les autres ne vont pas, à refuser la facilité : "Qu'est-ce que vous voulez que cela me fasse, à moi, votre politique, votre nécessité, vos pauvres histoires ? Moi, je peux encore dire "non" encore à tout ce que je n'aime pas et je suis seule juge."

Elle revendique sa propre liberté et affirme : mon acte, c'est "pour personne. Pour moi.". Elle exprime aussi une volonté, une détermination indépendante aux pressions extérieures.

Mais cette liberté a un prix . Face à la mort, Antigone prend conscience de sa solitude, elle murmure : "toute seule" et elle répète "Je suis toute seule." Pour vaincre cette solitude, elle cherche refuge dans l’amour. Lors de sa dernière scène, face à un garde ignorant, grossier et odieux, elle souhaite écrire à Hémon " Oui. Pardon, mon chéri. Sans la petite Antigone, vous auriez tous été bien tranquilles. Je t'aime…. " Ce sera son dernier message.



Créon
Le roi de Thèbes est un souverain besogneux et consciencieux, le contraire d'un ambitieux : "son oncle, qui est le roi", "il a des rides, il est fatigué", "

Créon ressemble par certains côtés aux gardes qu'il commande. "Thèbes a droit maintenant à un prince sans histoire. Moi, je m'appelle seulement Créon, Dieu merci. J'ai mes deux pieds sur terre, mes deux mains enfoncées dans mes poches, et, puisque je suis roi, j'ai résolu, avec moins d'ambition que ton père, de m'employer tout simplement à rendre l'ordre de ce monde un peu moins absurde, si c'est possible."

Personnage sans originalité, sans audace, il semble usé et résigné. Il a eu par le passé des idéaux, mais ceux-ci ont été balayés, peut-être par le fait qu'à la différence d'Antigone, il n'ait pas rencontré son destin : "J'écoutais du fond du temps un petit Créon maigre et pâle comme toi et qui ne pensait qu'à tout donner lui aussi..."

Durant la scène capitale avec Antigone, il montre tout d'abord une figure paternelle et bienveillante et cherche à sauver sa nièce : "je te comprends, j'aurais fait comme toi à vingt ans. C'est pour cela que je buvais tes paroles..." Puis devant l'obstination d'Antigone, il met en avant ses imperfections, lui qui n'est pas un héros, mais seulement un "ouvrier" du pouvoir , pour justifier la condamnation à mort d'Antigone.



Ismène
Ismène sert à définir, par contraste, Antigone. Elle "bavarde et rit", "la blonde, la belle" Ismène possède le "goût de la danse et des jeux ... du bonheur et de la réussite, sa sensualité aussi", elle est "bien plus belle qu'Antigone", est "éblouissante", avec "ses bouclettes et ses rubans", "Ismène est rose et dorée comme un fruit".

Tout semble opposer ces deux sœurs : Ismène, la réfléchie et la prudente, Antigone, la passionnée et l'audacieuse; Ismène qui a soif de vie et de bonheur, Antigone, l'héroïne, qui n'a pas peur de mourir ; Ismène , "la blonde, la belle" , Antigone "la maigre jeune fille moiraude et renfermée"

Mais Antigone "sa sœur" possède une qualité indomptable qui lui manque : Ismène n'a pas cette force surhumaine, elle est disposée au compromis jusqu'à la lâcheté. Elle aura toutefois une réaction émouvante à la fin de la pièce et voudra lier son destin à celui d'Antigone : "Antigone, pardon ! Antigone, tu vois, je viens, j'ai du courage. J'irai maintenant avec toi ... Si vous la faites mourir, il faudra me faire mourir avec elle ! ... Je ne peux pas vivre si tu meurs, je ne veux pas rester sans toi !" . Mais Antigone refusera avec mépris : "Ah ! non. Pas maintenant. Pas toi ! C'est moi, c'est moi seule. Tu ne te figures pas que tu vas venir mourir avec moi maintenant. Ce serait trop facile ! ... Tu as choisi la vie et moi la mort. Laisse-moi maintenant avec tes jérémiades."



Hémon
C'est le fils de Créon. Le "jeune homme", "fiancé d'Antigone" n'apparaît que deux fois. Il est fasciné par Antigone "Oui, Antigone" et révolté contre son père Créon. Il fait preuve de beaucoup de candeur et semble avoir peur de grandir et de regarder les choses en face : "Père, ce n'est pas vrai ! Ce n'est pas toi, ce n'est pas aujourd'hui ! Nous ne sommes pas tous les deux au pied de ce mur où il faut seulement dire oui. Tu es encore puissant, toi, comme lorsque j'étais petit. Ah ! Je t'en supplie, père, que je t'admire, que je t'admire encore ! Je suis trop seul et le monde est trop nu si je ne peux plus t'admirer."



Eurydice
L'épouse de Créon, la mère d'Hémon. C'est "la vieille dame qui tricote", la "femme de Créon", "elle est bonne, digne, aimante", mais "Elle ne lui est d'aucun secours"



Le Page
Il accompagne Créon dans plusieurs scènes, et souligne la solitude du souverain. Il représente l'innocence émouvante, le symbole vivant du paradis perdu de l'enfance. Il voit tout mais ne saisit pas l'importance de la situation. Il n'est d'aucun secours pour Créon , juste une oreille silencieuse. Il rêve, un jour, de devenir grand :
Créon : Ce qu'il faudrait, c'est ne jamais savoir. Il te tarde d'être grand, toi ?
Le Page : Oh oui, Monsieur



La Nourrice
Personnage traditionnel du théâtre grec, la Nourrice n'existait pourtant pas dans la pièce de Sophocle; c'est une création d'Anouilh. Elle est la vieille femme, affectueuse et vigilante, la "nounou" réconfortante, qui a du mal à comprendre le dessein d'Antigone : "Tu te moques de moi, alors ? Tu vois, je suis trop vieille. Tu étais ma préférée, malgré ton sale caractère."



Le Messager
C'est un "garçon pâle ... solitaire". Le messager est un personnage typique du théâtre grec, il apparaît déjà dans la pièce de Sophocle. Dès le Prologue, il montre sa tristesse : "C'est lui qui viendra annoncer la mort d'Hémon tout à l'heure. C'est pour cela qu'il n'a pas envie de bavarder ni de se mêler aux autres. Il sait déjà... " . A la fin de la pièce , il vient annoncer avec mille détails la mort d'Hémon.



Le chœur

Le chœur joue, comme dans la tragédie grecque, un rôle de commentateur : "Et voilà. Maintenant le ressort est bandé. Cela n'a plus qu'à se dérouler tout seul..." et de messager. C'est le chœur qui tire également la leçon morale du drame "Et voilà. Sans la petite Antigone, c'est vrai, ils auraient tous été bien tranquilles. Mais maintenant, c'est fini. Ils sont tout de même tranquilles. Tous ceux qui avaient à mourir sont morts. Ceux qui croyaient une chose, et puis ceux qui croyaient le contraire même ceux qui ne croyaient rien et qui se sont trouvés pris dans l'histoire sans y rien comprendre. Morts pareils, tous, bien raides, bien inutiles, bien pourris. Et ceux qui vivent encore vont commencer tout doucement à les oublier et à confondre leurs noms. C'est fini. Antigone est calmée, maintenant, nous ne saurons jamais de quelle fièvre. Son devoir lui est remis. Un grand apaisement triste tombe sur Thèbes et sur le palais vide où Créon va commencer à attendre la mort. "

Les gardes
Ce sont " trois hommes rougeauds qui jouent aux cartes", "ce ne sont pas de mauvais bougres", "ils sentent l'ail, le cuir et le vin rouge et ils sont dépourvus de toute imagination". Ils sont mesquins, vulgaires, et ne semblent avoir comme seul objectif de ne pas contrarier leur hiérarchie : "Pas d'histoires !". Ils sont au service de Créon , non par fidélité personnelle, mais par obéissance au monarque en place . Il soulignent son isolement. Ils ne se sentent nullement concernés par la tragédie qui se déroule devant eux. A la fin, lorsque le rideau tombe, "il ne reste plus que les gardes. Eux, tout ça, cela leur est égal; c'est pas leurs oignons. Ils continuent à jouer aux cartes…"

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Re: Le Français, 1ère année - Bac

Message par sinogirl le Ven 19 Jan 2007, 06:32

Structure de la pièce :


Anouilh a repris le cadre général de la pièce de Sophocle. Le rideau s'ouvre au petit matin sur la ville de Thèbes, juste après la proclamation du décret de Créon, au sujet duquel Antigone s'oppose à sa sœur Ismène. Créon apprend d'un garde que le corps de Polynice a reçu les hommages funèbres, puis voit Antigone amenée devant lui et la condamne à mort. Hémon vient supplier son père, sans succès et s'enfuit. Antigone fait une dernière apparition, puis marche vers la mort. Un messager apporte sur scène la nouvelle du suicide d'Hémon, puis de la reine. Le rideau tombe sur Créon, qui reste seul sur une scène dévastée.
Le texte d'Anouilh se présente comme une suite ininterrompue de répliques, sans aucune des divisions formelles qui font la tradition du théâtre français. Sans acte, sans scène, Antigone se veut dans sa présentation le récit continu d'une journée où se joue le destin de l'héroïne.
Anouilh ne se propose toutefois pas de révolutionner l'écriture théâtrale, et l'absence de divisions n'est qu'affaire de forme. La pièce se déroule de façon classique, rhytmée par les entrées et les sorties des personnages, qui permettent de restituer l'architecture traditionnelle des scènes et de proposer la numérotation
Les personnages de la pièce


<BLOCKQUOTE>
Les relations entre personnages sont en partie imposées par le modèle de Sophocle et la mythologie. Les liens de parenté ne sont aucunement modifiés, et l'on retrouve le traditionnel tableau de famille des Labdacides.
Antigone :


Personnage central de la pièce dont elle porte le nom, Antigone est opposée dès les premières minutes à sa sœur Ismène, dont elle représente le négatif. "la petite maigre", "la maigre jeune fille moiraude et renfermée" (p. 9), elle est l'antithèse de la jeune héroïne, l'ingénue, dont "la blonde, la belle, l'heureuse Ismène" est au contraire l'archétype.
Comme Eurydice, comme Jeanne d'Arc dans L'Alouette, elle a un physique garçonnier, sans apprêts : elle aime le gris : "C'était beau. Tout était gris", "monde sans couleurs", "La Nourrice (...) Combien de fois je me suis dit : "Mon Dieu, cette petite, elle n'est pas assez coquette ! Toujours avec la même robe et mal peignée", Antigone le dit elle même : "je suis noire et maigre".
Opiniâtre, secrète, elle n'a aucun des charmes dont sa sœur dispose à foison : elle est "hypocrite", a un "sale caractère", c'est "la sale bête, l'entêtée, la mauvaise". Malgré cela, c'est elle qui séduit Hémon : elle n'est pas dénuée de sensualité, comme le prouve sa scène face à son fiancé, ni de sensibilité, dont elle fait preuve dans son dialogue avec la Nourrice.
Face à Ismène, Antigone se distingue au physique comme au moral, et peut exercer une véritable fascination : Ismène lui dit : "Pas belle comme nous, mais autrement. Tu sais bien que c'est sur toi que se retournent les petits voyous dans la rue ; que c'est toi que les petites filles regardent passer, soudain muettes sans pouvoir te quitter des yeux jusqu'à ce que tu aies tourné le coin." (pages 29-30)
Comme le basilic des légendes, dont le regard est mortel, Antigone pétrifie et stupéfait, car elle est autre. Son caractère reçoit cette même marque d'étrangeté qui a séduit Hémon et qui manque à Ismène, ce que Créon appelle son orgueil. Quelque chose en elle la pousse à aller toujours plus loin que les autres, à ne pas se contenter de ce qu'elle a sous la main : "Qu'est-ce que vous voulez que cela me fasse, à moi, votre politique, votre nécessité, vos pauvres histoires ? Moi, je peux encore dire "non" encore à tout ce que je n'aime pas et je suis seule juge." (p. 78)
Cette volonté farouche n'est pas tout à fait du courage, comme le dit Antigone elle-même (p. 28) ; elle est une force d'un autre ordre qui échappe à la compréhension des autres.
Ismène :


Elle "bavarde et rit", "la blonde, la belle" Ismène, elle possède le "goût de la danse et des jeux [...] du bonheur et de la réussite, sa sensualité aussi", elle est "bien plus belle qu'Antigone", est "éblouissante", avec "ses bouclettes et ses rubans", "Ismène est rose et dorée comme un fruit".
"sa sœur" possède une qualité indomptable qui lui manque : elle n'a pas cette force surhumaine. Même son pathétique sursaut à la fin de la pièce n'est pas à la hauteur de la tension qu'exerce Antigone sur elle-même : "Antigone, pardon ! Antigone, tu vois, je viens, j'ai du courage. J'irai maintenant avec toi. [...] Si vous la faites mourir, il faudra me faire mourir avec elle ! [...] Je ne peux pas vivre si tu meurs, je ne veux pas rester sans toi !" (pages 97-98).
C'est sa faiblesse même, et non sa volonté, qui la pousse à s'offrir à la mort. Antigone le voit bien, et la rudoie avec mépris : "Ah ! non. Pas maintenant. Pas toi ! C'est moi, c'est moi seule. Tu ne te figures pas que tu vas venir mourir avec moi maintenant. Ce serait trop facile ! [...] Tu as choisi la vie et moi la mort. Laisse-moi maintenant avec tes jérémiades." (page 98)
Les deux rôles féminins de la pièce sont diamétralement opposés. Ismène est une jolie poupée que les événements dépassent. Antigone au contraire est caractéristique des premières héroïnes d'Anouilh : elle est une garçonne qui dirige, mène et vit son rôle jusqu'au bout.</BLOCKQUOTE>

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Re: Le Français, 1ère année - Bac

Message par sinogirl le Ven 19 Jan 2007, 06:32

Créon :


"son oncle, qui est le roi", "il a des rides, il est fatigué", "Avant, du temps d'Œdipe, quand il n'était que le premier personnage de la cour, il aimait la musique, les belles reliures, les longues flâneries chez les petits antiquaires de Thèbes".
C'est un souverain de raccroc, tout le contraire d'un ambitieux. Besogneux et consciencieux, il se soumet à sa tâche comme à un travail journalier, et n'est pas si différent des gardes qu'il commande. "Thèbes a droit maintenant à un prince sans histoire. Moi, je m'appelle seulement Créon, Dieu merci. J'ai mes deux pieds sur terre, mes deux mains enfoncées dans mes poches, et, puisque je suis roi, j'ai résolu, avec moins d'ambition que ton père, de m'employer tout simplement à rendre l'ordre de ce monde un peu moins absurde, si c'est possible." (pages 68 et 69)
Au nom du bon sens et de la simplicité, Créon se voit comme un tâcheron, un "ouvrier" du pouvoir (page 11). Il revendique le manque d'originalité et d'audace de sa vision, et plaide avec confiance pour la régularité et la banalité de l'existence. Sa tâche n'est pas facile, mais il en porte le fardeau avec résignation.
Personnage vieilli, usé, il se distingue par sa volonté d'accommodement ; mais il avoue aussi avoir entretenu d'autres idéaux : "J'écoutais du fond du temps un petit Créon maigre et pâle comme toi et qui ne pensait qu'à tout donner lui aussi..." (page 91). Créon se considère lui-même comme une Antigone qui n'aurait pas rencontré son destin, une Antigone qui aurait survécu.
Les gardes :


Ce sont " trois hommes rougeauds qui jouent aux cartes", "ce ne sont pas de mauvais bougres", "ils sentent l'ail, le cuir et le vin rouge et ils sont dépourvus de toute imagination". Ces gardes représentent une version brutale et vulgaire de Créon. Leur langage sans raffinement, leur petitesse de vue en font des personnages peu sympathiques, dont les rares bons mouvements ne suffisent pas à cacher la peur de la hiérarchie ("Pas d'histoires !" revient souvent dans leur bouche). Sans être totalement réduits à l'état de machines, ils sont essentiellement un instrument du pouvoir de Créon, et rien de plus : "Le Garde : S'il fallait écouter les gens, s'il fallait essayer de comprendre, on serait propres." (p. 55)
Leur soumission à Créon n'est pas établie sur la base d'une fidélité personnelle. Ils sont des auxiliaires de la justice, respectueux du pouvoir en place, et ce quel que soit celui qui occupe le pouvoir. Le Prologue indique bien que rien ne leur interdirait de se retourner contre Créon, si celui-ci était déchu : "Pour le moment, jusqu'à ce qu'un nouveau chef de Thèbes dûment mandaté leur ordonne de l'arrêter à son tour, ce sont les auxiliaires de la justice de Créon." (p. 12)
Sans états d'âme, ils passent au travers de la tragédie sans rien comprendre, et le rideau tombe sur eux, comme il tombe dans Médée sur un garde et la Nourrice, après le suicide de Médée et le meurtre de ses enfants :
<BLOCKQUOTE>
"Le Garde
On a fauché la semaine dernière. On va rentrer demain ou après-demain si le temps se maintient.
La Nourrice
La récolte sera bonne chez vous ?
Le Garde
Faut pas se plaindre. Il y aura encore du pain pour tout le monde cette année-ci.
Le rideau est tombé pendant qu'ils parlaient."
</BLOCKQUOTE>
C'est à travers eux que se manifeste le plus clairement le pessimisme aristocratique d'Anouilh.
Hémon :


Le "jeune homme", "fiancé d'Antigone", est le fils de Créon, c'est un personnage secondaire qui n'apparaît qu'en deux occasions, soumis à Antigone et révolté contre Créon ; ses propos sont courts et simples ("Oui, Antigone."), ou témoignent d'une naïveté encore enfantine. La peur de grandir se résume chez lui à l'angoisse de se retrouver seul, de regarder les choses en face : "Père, ce n'est pas vrai ! Ce n'est pas toi, ce n'est pas aujourd'hui ! Nous ne sommes pas tous les deux au pied de ce mur où il faut seulement dire oui. Tu es encore puissant, toi, comme lorsque j'étais petit. Ah ! Je t'en supplie, père, que je t'admire, que je t'admire encore ! Je suis trop seul et le monde est trop nu si je ne peux plus t'admirer." (p. 104)
Fiancé amoureux, enfant révolté, il est par son caractère davantage proche d'Ismène, à qui le Prologue l'associe, que d'Antigone.
Eurydice :


C'est "la vieille dame qui tricote", la "femme de Créon", "elle est bonne, digne, aimante", mais "Elle ne lui est d'aucun secours"
Le Page


Accompagnant Créon dans plusieurs scènes, il représente l'innocence émouvante, l'enfant qui voit tout et ne comprend rien, qui n'est pour l'instant d'aucune aide, mais qui, à son tout, un jour, pourrait bien devenir Créon ou Antigone.
<BLOCKQUOTE>
"Créon
Ce qu'il faudrait, c'est ne jamais savoir. Il te tarde d'être grand, toi ?
Le Page
Oh oui, Monsieur !" (p.122)</BLOCKQUOTE>

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Re: Le Français, 1ère année - Bac

Message par sinogirl le Ven 19 Jan 2007, 06:32

La Nourrice :


Personnage traditionnel du théâtre grec, mais inexistant dans la pièce de Sophocle, elle a été créée par Anouilh pour donner une assise familière à la pièce, et davantage montrer l'étrangeté du monde tragique. Avec elle, ni drame ni tragédie, juste une scène de la vie courante, où la vieille femme, affectueuse et grondante, est une "nounou" rassurante, qui ne comprend rien à sa protégée : "Tu te moques de moi, alors ? Tu vois, je suis trop vieille. Tu étais ma préférée, malgré ton sale caractère." (p. 20). Elle "a élevé les deux petites".
Le Messager :


C'est un "garçon pâle [...] solitaire". Autre personnage typique du théâtre grec, il apparaît dans la pièce de Sophocle. Il se borne à être la voix du malheur, celui qui annonce avec un luxe de détails la mort d'Hémon. Dans le récit du Prologue, il projette une ombre menaçante : "C'est lui qui viendra annoncer la mort d'Hémon tout à l'heure. C'est pour cela qu'il n'a pas envie de bavarder ni de se mêler aux autres. Il sait déjà..." (p. 12)
Le Chœur


Ce personnage joue aussi le rôle de messager de mort, mais son origine le rend plus complexe. Dans les tragédies grecques, le chœur est un groupe de plus d'une dizaine de personnes, guidé par le personnage du Coryphée. Il chante, danse peut-être, et se retrouve le plus souvent en marge d'une action qu'il commente.
Dans Antigone, le Chœur est réduit à une seule personne, mais a gardé de son origine une fonction collective, représentant un groupe indéterminé, celui des habitants de Thèbes, ou celui des spectateurs émus. Face à Créon, il fait des suggestions, qui toutes se révèlent inutiles.
<BLOCKQUOTE>
"Ne laisse pas mourir Antigone, Créon ! Nous allons tous porter cette plaie au côté, pendant des siècles. [...] C'est une enfant Créon. [...] Est-ce qu'on ne peut pas imaginer quelque chose, dire qu'elle est folle, l'enfermer ? [...] Est-ce qu'on ne peut pas gagner du temps, la faire fuir demain ?" (pages 99 à 102) </BLOCKQUOTE>
Comme dans le théâtre antique, le chœur garde également une fonction de commentateur. Isolé des autres personnages, il se rapproche du Prologue : il scande l'action pratiquement dans les mêmes termes. "Et voilà. Maintenant le ressort est bandé. Cela n'a plus qu'à se dérouler tout seul." (p. 53) "Et voilà. Sans la petite Antigone, c'est vrai, ils auraient tous été bien tranquilles. Mais maintenant, c'est fini." (p. 122) Son "voilà" bat la mesure d'un mouvement que le "Voilà" du Prologue avait mis en branle.
Autres personnages :


- "les deux fils d'Œdipe, Etéocle et Polynice" : "se sont battus et entre-tués sous les murs de la ville" :
<BLOCKQUOTE>
- "Etéocle l'aîné" : " le bon frère", "le fils fidèle d'Œdipe", "le prince loyal", il a eu d'imposantes funérailles
- "Polynice, le vaurien, le voyou", "mauvais frère", "il a toujours été un étranger" pour sa sœur Ismène, "un petit fêtard imbécile", "un petit carnassier dur et sans âme", "une petite brute tout juste bonne à aller plus vite que les autres avec ses voitures, à dépenser plus d'argent dans les bars.", il a été laissé à pourrir dehors.
- mais, en vérité, ce sont tous les deux des crapules : Etéocle "ne valait pas plus cher que Polynice", "deux larrons en foire", "deux petits voyous" </BLOCKQUOTE>
- "Madame Jocaste" maman d'Antigone
- Douce, sa chienne
Jean Anouilh :


Jean Anouilh (1910 - 1987) est un auteur d'athée, qui représente la vieille France éternelle. En 1959, quinze ans après Antigone, il choisit une voie nouvelle et suit les pas de William Shakespeare (1564-1616) - poète et dramaturge anglais, auteur d'une des plus grandes œuvres de la littérature universelle - en écrivant Becket ou l'Honneur de Dieu, l'histoire est donc à nouveau prétexte à une création originale. La pièce, qui obtient un triomphe dès sa première représentation, sera adaptée au cinéma en 1964, puis reprise en 1971 à la Comédie-Française. C'est la scène la plus bouleversante du théâtre contemporain. Bruno Cremer et Anouilh forment un couple, Anouilh est comme un petit-frère pour Cremer. Chez Anouilh, la psychologie n'a pas d'importance. Shakespeare - pour Anouilh, c'est une lointaine connaissance - lui donne une leçon de liberté théâtrale. Dans Hamlet (extrait), la scène de la mère est comme une obscession.
De 1915 à 1928 : son père était immobilisé pour la Grande Guerre, il était seul avec sa mère, pianiste et violoniste, il pouvait donc aller partout. C'est un enfant qui ne peut s'endormir sans le retour de sa mère.
Son théâtre fait froncer le nez des intellectuels.
Dans L'arrestation, il a dit (lors d'un entretien)que ça pue l'amour avec des casinos bien propres. C'est la pièce la plus complexe du théâtre français, Anouilh a réussi à faire dialoguer tous les personnages de son œuvre.
Dans Colombe, il exprime qu'"il n'y a d'amour qu'absolu" et que la famille c'est ignoble.
En 1932, dans l'Hermine, jouée entre autre par Pierre Fresnay, il exprime le "non" à la vie, que les choses laides, toutes les images sales, tout les tristes mots restent à jamais gravés dans nos mémoires, et qu'"on est jamais sincères". Lui même a subi la blessure inguérissable de la pauvreté et Louis Jouvet a approfondi sa blessure en l'appelant "le miteux". Anouilh dit qu'il a un œuil de faune. Anouilh est accueilli par Georges Pitoëff vers 1936-1937, Anouilh avait alors avec lui le Voyageur sans bagages. Ils ont passé deux heures extaordinaires ensemble, ils étaient aussi timides l'un que l'autre. Pitoëff est dans le Cartel, le plus grand découvreur qui existe. Les Pitoëff montent et jouent la Sauvage d'Anouilh (écrite en 1934).
Anouilh rencontre ensuite André Barsacq sur la scène de comédie des Champs-Élysées, le futur metteur en scène d'Antigone, c'est "le seul compagnon de ma jeunesse" écrit Anouilh. Ils avaient qu'un an de différence d'âge.
Ils connaissent un succès triomphal en 1938 avec Le Bal des voleurs que monte André Barsacq. Ils sont tous les deux myopes et ont donc des lunettes. Et Ils sont complémentaires si bien qu'ils sont appelés "les jumelles".
Barsacq était le disciple de Charles Dullin, un personnage exceptionnel. C'était alors la Belle Epoque, une époque de poètes.
Pour Anouilh, le théâtre était un lieu hanté, palpable seulement par lui, le seul lieu où la vie humaine est stable. C'était sa demeure principale, le lieu qui lui convenait par execellence, le lieu où il réalisait ses fantasmes et où il a rencontré toutes les personnes qui ont été importantes dans sa vie, des gens innatendus comme Jean Vilar, alors que leurs chemins étaient opposés.
En 1944, Antigone fit un coup de tonnerre, où Suzanne Flon a joué dans le rôle d'Ismène et où Barsacq a réalisé la mise en scène. La pièce a été jouée à la lumière du jour, par un froid de canard, elle était éclairée grâce à un système de miroirs et lors de la fin de la pièce, le soleil se couchait et la nuit tombait. C'était un courage inouï de jouer une pièce sur la révolte alors que la France était occupée. Antigone a été un évènement sublime alors que personne ne croyait à la pièce, pas même Anouilh et Barsacq, et personne n'avait applaudi lors de la première représentation à la fin de la pièce. Anouilh lui même regrettait d'avoir écrit Antigone et il disait que c'était catastrophique pour lui. Un soir, Anouilh et Barsacq ont distribués des tracts de Résistance, ce qui a étonné les spectateurs, mais la presse clandestine accuse Anouilh de collaboration. Le public était partagé, la pièce avait une résonnance étrange. Anouilh se défend d'avoir sympathiser avec les pro-nazis, mais il affiche une certaine compassion pour les vaincus et dénonce les excès de l'épuration. Il organise d'ailleurs, une campagne de signatures pour sauver l'écrivain collaborationniste Robert Brasillach qui a été condamné à mort en février 1945, mais sa tentative a échouée et son exécution le marque profondément. Sa vision devient extrêmement noire.
En 1956, il écrira une pièce sur Robespierre, alors qu'il n'accrochait pas tellement et qu'il avait grommelé, qu'il a intitulé Pauvre Bitos ou Le Dîner de têtes. Le personnage de Bitos était une sorte d'insecte pour Anouilh et il devait parler d'une voix fausse. Il y dénonce les procès politiques - y compris ceux de la Libération. C'est sans doute pourquoi, la pièce a fait un scandale. Il y a même des gens qui tapaient avec leurs cannes sur sa voiture. Gautier l'accuse de fascisme. Les spectateurs sortent en colère mais ils en sont contents. Anouilh dit lui-même que l'étiquette politique qu'il porte est absolument scandaleuse. Il va porter la blessure de cette pièce pendant un cetain temps. Ensuite, il en riait avec son "rire du sage", et il a choisi le comique avec Ardèle ou La Marguerite.
L'époque de l'épuration lui a donné une image noire des humains. Sa vision est devenue encore plus noire lorsqu'il a essayé de trouver des signatures pour sauver Robert Brasillach, le rédacteur en chef de Je suis partout pendant l'Occupation, et qu'il a échoué, la feuille était presque vide de signatures. Brasillach fut fusillé pour faits de collaboration.
Dans L'Hurluberlu ou Le Réactionnaire amoureux, son rire est très célinien. Ce regard est servi en même temps par Georges Feydeau. Il n'y a que lui qui a parlé de la condition humaine.
Anouilh avait une grande tendresse envers Marcel Pérez : "Point de Pérez, point de salut" (J. Anouilh)
Il écrit ensuite Le Boulanger, La Boulangère et le Petit Mitron. Anouilh aurait aimé être acteur, Périer écrit : "Il était jaloux de ne pas pouvoir le faire". Il aurait adoré être acteur et auteur mais il n'a peut-être pas osé à cause de sa timidité. On remaque dans son théâtre que ses didascalies sont précises, c'est d'ailleurs le lien rêvé entre le public et l'acteur, lien difficile, faire des pièces de théâtre n'est pas comme être écrivain.
Lors des répétitions de L'Arrestation, il insiste pour que le mystère soit là, pour ne pas qu'il y ait du policier. Pour Anouilh, il n'y a rien de définitif au théâtre, il faut essayer. Quelqu'un d'ailleurs lui a dit qu'"Il fallait faire des pièces comme on fait des meubles." Lors des répétitions générales, il disparaissait discrètement sans que les acteurs s'en rendent compte. Les acteurs et les décorateurs forment une vraie famille avec Anouilh. Un d'entre eux a raconté qu'a partir de la déformation de la caricature, il fait du vrai, qu'"Il a un muscle fantastique", les acteurs sortent épuisés d'une pièce d'Anouilh. Pour lui, la caricature est l'expression éclatée, exacerbée du personnage ; la réaction c'est rigolo, ce n'est pas si grave ; et les personnages de théâtre forment un monde d'insectes, représentatif d'une caricature de l'homme. Dans Le Scénario, il a montré ce qui s'est passé dans sa tête à un moment précis. C'est le premier auteur de vraie dérision. Il a d'ailleurs soutenu Ionesco, qui était pour Jean-Jacques Gautier, "un plaisantin". Les Poissons rouges est une pièce goguenarde.
Anouilh était narchiste (veut un pouvoir autoritaire, opposé à anarchiste) et défendu par les gens de droite, les conservateurs. Pour lui, les personnages sont des masques. Anouilh a une tête de guignol, il fait un théâtre de singe, mais c'est beau.


Source : Cette biographie provient d'informations notées lors d'une émission sur Jean Anouih, de la série Un siècle d'écrivains, diffusée sur France 3

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Re: Le Français, 1ère année - Bac

Message par sinogirl le Ven 19 Jan 2007, 06:35

Antigone


Jean ANOUILH

Introduction

Antigone a été arrêtée et Créon veut comprendre pourquoi elle a agit. Créon veut étouffer l’affaire mais il se heurte à la détermination d’Antigone. Elle est de la race des orgueilleuses et lui s’oppose à cette race, il a une conception plus modeste et plus efficace de son métier de roi.

Lecture du texte

Annonce des axes

Etude méthodique

I - l’orgueil des Labdacides

La didascalie nous indique que Créon murmure car à ce moment-là, il prend conscience de la vraie nature d’Antigone.
" L’orgueil d’Œdipe " : il commence par une phrase minimale elliptique (sans verbe et qui va à l’essentiel) dont les mots sont mis en valeur par la répétition du son " e ".
Il répète " l’orgueil d’Œdipe " et cette prise de conscience se fait par le regard déterminé d’Antigone et les yeux sont le miroir de l’âme.
Le mot oui montre qu’il se rappelle du passé et qu’il connaît bien Œdipe et son orgueil pour avoir sauvé Thèbes du sphinx et de la peste.
Il se rend compte qu’Antigone veut être la meilleure comme son père.
Il s'est entièrement trompé sur son compte, il pensait qu’elle échapperait à la sanction, mais son destin est la mort.
Il met en évidence que la race des héros n’est faite ni pour le malheur ni pour le bonheur. L’humain ne les intéresse pas, il leur faut l’expetionnel. " L’humain vous gêne aux entournures " métaphore originale, l’humain est comparé à un vêtement trop étriqué qui gêne les mouvements. Ils veulent affronter leurs destins au lieu de le subir.
Il rappelle le destin d’Œdipe, ce destin provoque chez eux du plaisir " avidement " " goulûment ".
Pour Créon, ce bonheur de faire souffrir autrui qui leur donne du plaisir est un bonheur à l’envers.
Selon lui, les héros et les humains s’opposent, les héros sont heureux d’aller si loin dans leur malheur, ils ont conscience d'avoir un destin unique.
Œdipe s’est auto-puni car il ne voulait pas vivre avec la vérité. Créon le considère comme un lâche. C’est pourquoi il refuse d’être un héros, il veut être un homme simple et réaliste. Il est un prince sans histoire.


II - Créon, un homme de termine et réaliste

Le " non " s’oppose au " oui " du début. L’objectif de Créon est l’organisation de la cité. Le passé ne doit plus resurgir. La ville est personnifiée " Thèbes à droit ". Elle sera gouvernée par un homme comme les autres. " Moi, je m’appelle seulement Créon ".
Œdipe était un héros, Créon est un homme simple et il est content de l’être " Dieu merci "
Deux métaphores : " les pieds sur terre " " les mains des les poches ". Son projet est de rétablir l’ordre à Thèbes. Il présente cela comme un travail simple et modeste. Il va exercer sa charge de roi avec dévouement même s’il n’a pas choisi d’être roi. Antithèse entre " aventure et " métier " rappelle le destin d’Œdipe opposé à l’énergie de Créon. Il va le prendre comme consciencieux " je vais le faire ".
Il anticipe l’avenir " si demain " et suppose qu’il pourrait être confronté au même problème qu'Œdipe. Lui réagirait différemment et traiterait le problème avec mépris.
L’homme est en partie responsable de son destin. Créon est un roi et ne veut pas se pencher sur ses états d’âmes. Son rôle politique est plus important que sa vie privée. Le collectif passe avant le personnel.


Conclusion

Conception très noble de la royauté et du pouvoir. Dévouement total à son métier alors qu’Œdipe est présenté comme un personnage égoïste et narcissique. Différence entre le héros et les hommes (thème d’Anouilh)
Idée très romantique reprise par Victor Hugo dans Hernani.

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Re: Le Français, 1ère année - Bac

Message par sinogirl le Ven 19 Jan 2007, 06:48

Jean ANOUILH
"Antigone"
(1944)
Tragédie

Dans la ville de Thèbes, après la mort d’Oedipe, ses deux fils, Polynice et Étéocle, décidèrent de régner chacun un an. Mais Étéocle, au terme de la première année, refusa de quitter le trône. Après une guerre terrible où ils se sont entretués, Créon, leur oncle, prit le pouvoir, ordonna des funérailles somptueuses pour Étéocle, mort en défendant sa patrie, tandis qu’à l’égard du traître Polynice, à titre d’exemple, il promulgua que «Quiconque osera lui rendre les devoirs funèbres sera impitoyablement puni de mort» et décrétaqueson corps, laissé sans sépulture, devait pourrir sur le sol, ce qui, pour les Grecs, était la sanction la plus terrible. La « petite Antigone », leur soeur, rompt avec son fiancé, Hémon, le fils de Créon, sans lui dire pourquoi et, malgré les conseils de sa soeur, Ismène, passant outre cet ordre, rend au défunt les honneurs funèbres en le recouvrant, avec sa pelle d’enfant, d’un peu de terre. Elle est arrêtée par trois gardes qui la mènent à Créon. Celui-ci préfèrerait ne pas punir sa nièce et la fiancée de son fils. Comme personne d’autre ne l’a vue, il lui suffirait de faire disparaître les gardes. Mais Antigone s’obstine : si Créon la libère, son premier soin sera de retourner enterrer son frère. Créon tente alors de lui expliquer que son refus de sépulture à Polynice est avant tout un acte politique et qu’en choisissant de prendre en main l’État ébranlé par le règne d’Oedipe, il a choisi de « dire oui », c’est-à-dire d’assumer les mille besognes de « la cuisine » politique pour « rendre le monde un peu moins absurde ». Il lui prouve par dix arguments la sottise de son acte, lui révélant que Polynice n’était qu’« un fils de famille », « un petit fêtard imbécile», une ignoble crapule qui avait même frappé son père, Oedipe, et voulait le faire assassiner, et qu’Étéocle ne valait guère mieux : « Ils se sont égorgés comme deux petits voyous pour un règlement de comptes. » Il n'accorda les honneurs nationaux à la dépouille d'Étéocle que pour des raisons de gouvernement ; saurait-on dire, d'ailleurs, quelle est la dépouille d'Étéocle? Créon s'est borné à faire ramasser « le moins abîmé ». Antigone n'ignore rien de cela, mais elle ne cède pas. Elle accomplit ce qu'elle doit et veut accomplir. Devant Créon qui lui jette : « Essaie de comprendre une minute, petite idiote ! » elle secoue la tête, insensible aux paroles étrangères à sa propre vérité : « Je ne veux pas comprendre. Moi, je suis là pour autre chose que pour comprendre. Je suis là pour vous dire non et pour mourir. » Cependant, Antigone, ébranlée, renoncerait alors. Mais Créon commet l’erreur de lui dire qu’elle doit être heureuse avec Hémon et consentir à la vie qui n’est en fin de compte que le bonheur. Or elle ne veut ni être heureuse ni même vivre. Créon doit donc la condamner à être enterrée vivante. Mais elle se pend dans le tombeau. Son fiancé se donne la mort à ses côtés. Eurydice, la reine, se tranche la gorge de désespoir.

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Re: Le Français, 1ère année - Bac

Message par sinogirl le Ven 19 Jan 2007, 06:48

Analyse
Intérêt de l’action

Classification
: C’est une «pièce noire». Anouilh, pour développer jusqu'à leurs derniers aboutissements les conséquences de son attitude devant la vie, ne pouvait rester sur le plan du quotidien. Il lui fallait l'exceptionnel de la légende antique. Il a confié : « L'’’Antigone’’ de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par coeur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai ré-écrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre. ‘’Oedipe roi’’, relu il y a quelque temps par hasard comme tous les classiques, quand je passe devant mes rayons de livres et que j'en cueille un, m'a ébloui une fois de plus - moi qui n'ai jamais pu lire un roman policier jusqu'au bout. Ce qui était beau du temps des Grecs et qui est beau encore, c'est de connaître d'avance le dénouement. C'est ça le vrai "suspense"... Et je me suis glissé dans la tragédie de Sophocle comme un voleur - mais un voleur scrupuleux et amoureux de son butin. »

Originalité et inventivité
: ‘’Antigone’’ est la pièce d’Anouilh où il s'est le plus astreint à suivre un texte antique, mais il a pris de nombreuses libertés avec le texte de Sophocle.
Antigone est bien censée être une héroïne tragique, qui affirme bien qu’elle est la fille d'Oedipe : « Je suis la fille d'Oedipe, je suis Antigone. Je ne me sauverai pas. » Et les autres personnages reconnaissent aussi cette généalogie ; Créon retrouve en elle l'orgueil d'Oedipe. Évoquer ces origines, c'est insister sur le fait qu’elle est la «victime choisie par le destin», qu’elle est soumise à la fatalité, qu’elle est engagée dans une voie toute tracée et qui la dépasse. Mais sa lutte ne cessera pas, dût-elle en mourir. Malgré les avis d’Ismène, elle ensevelit Polynice, bravant ainsi Créon qui ordonne son supplice. Et le couple Antigone / Hémon est bien un couple tragique.
Toutefois, de profondes différences apparaissent dans les sentiments et les mobiles des personnages. Anouilh a procédé à une désacralisation. Alors qu’Antigone, chez Sophocle, obéit à deux impératifs d'ailleurs associés, le devoir fraternel et la piété à l’égard des dieux (son geste n’étant donc pas un crime, mais une belle action : elle est «saintement criminelle»), chez lui, toute référence aux dieux est absente ; Tirésias a disparu ; la grande tirade d’Antigone où elle opposait aux lois humaines écrites les lois divines non écrites est supprimée. Si elle est rebelle comme l'autre Antigone, sa révolte ne s'inscrit pas dans un contexte divin, mais bien face aux attitudes des êtres humains (le conflit étant bien aussi du masculin et du féminin). Anouilh eut plutôt la conception d'un destin qui pousse la société à se faire obéir («Lui, il doit nous faire mourir»). Il a humanisé la grande Antigone sophocléenne. Et elle est aussi une jeune amoureuse, la fiancée d'Hémon. À ses derniers instants, Antigone, en présence du garde, en exprimant ses désillusions, se montre plus humaine, fait ressortir la dimension psychologique qui est plus importante dans la version moderne du mythe, fait apparaître une autre forme du tragique : l'erreur sur soi-même. Un coup de théâtre donne une autre version de cette problématique de la mort : l'identité de Polynice est remise en cause par Créon, et par là sont contestés les rituels funéraires si importants dans la version originelle du mythe.
Anouilh a créé la nourrice (personnage qui s'apparente aux suivantes de comédie), Ismène, Hémon, Eurydice et Créon (brutal, orgueilleux et entêté chez Sophocle, il n'a plus de violence et de mauvaise foi, il est plutôt sceptique et amer).
Il a aussi traduit ses grandes préoccupations de l'époque.
En outre, jouant (après Giraudoux) avec les anachronismes, Anouilh a choisi des costumes du XXe siècle : Créon est en habit, les gardes en gabardine.

L’action, d’une intense sobriété, est lancée par la promulgation de Créon : le ressort est bandé. Puis, étroitement menée par le destin, elle court implacablement à son terme fatal. Dans cette tragédie de l'absolu, Antigone n'est pas contrainte au refus de la vie et du bonheur par un passé enchaînant. Rien ne motive son acte. Elle dit non à la vie simplement par vocation, par goût intime de la mort. La fatalité, jusqu'alors, conduisait dans les pièces d'Anouilh le ballet tragique de la vie. Antigone est à elle-même sa propre fatalité. Elle refuse de pactiser avec la vie, au nom d’une pureté dont l’unique royaume est celui de l’enfance : c’est, dans sa dimension métaphysique, le pessimisme étendu à toute la condition humaine.
C’est donc une tragédie, comme le Choeur définit la pièce en l'opposant au drame qu’il préfère, étant le porte-parole de l’auteur : la tragédie impose un mécanisme inexorable qui empêche l’espoir ; le drame est réaliste, mêle les tons ; entre les deux, il y a différence de sujets, différence de niveaux sociaux, d'où différence de langues. Du fait de cette préférence, Anouilh a ramené "Antigone" au niveau du drame, car, comparée aux tragédies anciennes, et spécialement à celle de Sophocle, il apparaît nettement que c’en n’est pas une.

Déroulement : Anouilh nous présente une pièce structurée comme celle de Sophocle (importance du prologue, corps et dénouement similaires).
Dans le prologue, les personnages sont présentés par le Chœur alors qu’ils sont figés : ils ne jouent qu'ensuite, on a donc théâtre (l’action d’Antigone, Créon, etc) dans le théâtre (le Chœur qui l'enchâsse au début et à la fin) ; on peut y voir du pirandellisme par l’affirmation que le théâtre est une illusion, un artifice ; les indications du Choeur, pourtant pas assez explicites, suppriment le suspense.

1. L’exposition : Le rideau s'ouvre au petit matin sur la ville de Thèbes, juste après la proclamation du décret de Créon. La pièce commence par une scène entre Antigone et sa nourrice, s’ouvre sur une magnifique évocation de l’aube. La nourrice, femme simple, terre-à-terre, un peu bougonne, est un personnage de comédie qui répond à une volonté de bonhomie, mais attise la curiosité du spectateur (le quiproquo sur le rendez-vous), scène ajoutée par Anouilh alors que Sophocle commence par la scène avec Ismène, scène qui est marquée par la tendresse et, en même temps, la rivalité entre les deux sœurs ; Ismène est au courant du terrible projet et tente de raisonner sa soeur ; pourtant, l’attente de la révélation de ce qu'a fait Antigone subsiste.
Lors de la deuxième scène avec la nourrice, la tendresse de celle-ci éveille l’angoisse d'Antigone. Il lui reste à formuler les paroles les plus douloureuses à l'égard de son fiancé, Hémon. Alors que, chez Sophocle, elle n’avoue pas son amour pour lui, ici elle se montre amoureuse et même comme aspirant à la maternité. Il a promis de se retirer sans un mot dès qu'elle aurait fini de parler ; or, au cours de la scène, l’héroïne antique prend le pas sur la jeune fille affectueuse et sensuelle, et il l’entend avec stupeur affirmer que «jamais, jamais, elle ne pourra l'épouser». À la fin, à l’héroïne la jeune fille apparaît comme une étrangère à laquelle elle s’adresse avec dureté : «Voilà. C’est fini pour Hémon, Antigone». Le bref dialogue entre Antigone et Ismène qui suit présente un intérêt dramatique (puisqu’il apporte la révélation du geste d’Antigone qui, n'écoutant que sa voix intérieure, a déjà bravé l'ordre du roi et se propose même de retourner sur les lieux interdits pour terminer sa tâche) et un intérêt psychologique (par la mise en valeur de la tendresse d’Ismène).
Créon apprend, de la bouche d'un garde, que quelqu'un est allé sur la fosse. Anouilh suivit ici Ie modèle grec mais donna au garde une stupidité grossière et une veule médiocrité, et à Créon de l’amertume.
Le commentaire du Choeur porte sur l’art dramatique (l’opposition entre la fatalité à laquelle est soumise la tragédie et l’espoir qui anime le drame) ; en fait, il porte sur Antigone.

2. Le noeud : La scène entre Antigone et le garde met en relief la jeunesse et la fierté de l’une contre la grossièreté et la stupidité de l’autre. Peu de temps après, elle, qui est retournée en plein jour sur la fosse, entre, escortée. La scène entre Antigone et Ismène est la reprise de la scène du prologue de la pièce de Sophocle. Créon, stupéfait, tente dans un premier temps d'étouffer l'affaire. Mais Antigone ne l'entend pas de cette oreille : persuadée d'accomplir son devoir, elle affirme qu'elle recommencera. Recourant à un autre type d'argument, Créon tente de lui faire peur, puis essaie de calmer l'orgueilleuse en lui disant que ces rites sont absurdes, qu'ils ne signifient rien, qu’elle se déshonore en se mêlant aux sordides histoires de ses frères. Il insiste sur la jeunesse («la petite pelle de Polynice» à laquelle Antigone est fidèle et avec laquelle elle a recouvert son corps). Voilà qu’elle s’anime au souvenir de l’intérêt fugitif que Polynice lui aurait montré. Mais, en lui racontant l’enfance des jeunes gens pour en venir progressivement aux événements récents qui sont encore inconnus de leur soeur, il l’atteint dans son amour (Polynice n’était pas du tout un simple prétexte, comme le dit Créon). Mais, en fait, c'est pour elle-même que la jeune fille a décidé de mourir, au nom de sa propre liberté.
Créon lui explique alors les rouages du gouvernement : l'acte de laisser pourrir un cadavre au soleil lui répugne, mais il faut un coupable, à la face de tous, pour que l'ordre soit rétabli. Il va même plus loin et révèle à la jeune fille une vérité bien laide : les corps des deux frères, aussi traîtres l'un que l'autre, étaient méconnaissables. Le moins abîmé a été choisi pour recevoir les honneurs. À une Antigone enfin ébranlée, apparemment vaincue, qui accepte de rentrer dans sa chambre, c’est-à-dire de renoncer à son entreprise (ses deux « ouis »), Créon montre l’absurdité de son attitude qui consiste à refuser la vie et dépeint son avenir : une vie tranquille, au côté d'Hémon. La tension dramatique entre les deux personnages a alors progressivement décru. Mais Créon, dans son soulagement d’avoir réussi à la convaincre, en dit alors trop, évoque ce qu’il y a de plus agaçant pour une adolescente : le rappel que son aîné a été jeune, lui aussi, et lâche imprudemment le mot «bonheur», qui donne à Antigone l’occasion de se remonter, de redonner à la scène toute la tension qu’elle avait perdue. Elle ne veut pas de ce bonheur égoïste et mensonger, fait d'habitudes, de compromis, de tiédeur, de médiocrité et d'usure. Elle hurle, comme une furie. Insulté, à bout de nerfs, Créon, vaincu, appelle ses gardes. Le sort en est jeté : Antigone a cherché la mort, elle l'aura. Leurs conceptions sont si opposées que ne pouvait s’établir qu’un dialogue de sourds. Dans cette scène, Anouilh est très proche de Sophocle mais néglige les références religieuses (ce qui rend absurde le geste d’Antigone), montre des gardes stupides tandis que Créon est calme et doux.
Arrive Ismème qui veut se joindre à Antigone qui la repousse avec orgueil, tout en se réjouissant de l’effet d’entraînement qu’elle provoque.
Créon et le choeur expriment la conviction de la fatalité des événements, du déterminisme auquel est soumise Antigone.

3. Le dénouement : La scène entre Créon et Hémon montre que celui-ci n’est plus le noble et vigoureux personnage antique, mais un fils qui regrette la forte impression que lui faisait son père dans son enfance et qui devrait en arriver, pour mûrir, à «la mort du père», qui appelle au secours.
En attendant le supplice, Antigone essaie timidement de lier conversation avec le garde et de trouver quelque soutien dans une sympathie humaine. Elle révèle sa faiblesse : elle est redevenue une tendre jeune fille comme chez Sophocle ; mais, ici, elle est désespérée, en proie à la solitude angoissante qui précède la mort désormais fatale, la mort solitaire, sans consolation religieuse. Cependant, le garde reste indifférent au drame d’Antigone et, comiquement, ne peut s’élever au-dessus de ses soucis personnels, des rivalités de solde et d’avancement. Et Antigone se sent encore plus seule. À la scène, le rire « grinçant » que provoque ce décalage vient accroître l’angoise tragique. Des moments comiques surviennent quand le garde reste braqué sur ses problèmes militaires, quand il écrit la lettre qu’Antigone lui dicte et qui est le désaveu de toute son action.
Un messager, dont les paroles désacralisent aussi le mythe, vient annoncer qu'elle s'est pendue dans sa tombe. Hémon, après avoir craché au visage de son père, s'est tué de son épée. Eurydice s'est suicidée en apprenant la mort de son fils.
Créon, en présence du page, loin d'être écrasé, réagit avec le courage tranquille et sans illusions qui fait de lui le grand vainqueur de la pièce. Il s'apprête à reprendre son lourd travail. Sans la moindre contestation possible, le dernier mot Iui demeure. D'ailleurs, chez Anouilh, il n'est même pas atrocement seul, comme dans les autres versions : il est accompagné du page, le taquine gentiment et sort en s’appuyant sur son épaule ; ce contact avec l'enfance suggérant inévitablement un retour plus ample dans la vie.
Le Chœur constate l’absurdité de I’histoire et de l’indifférence d’une masse aveugle.

‘’Antigone’’ est peut-être la plus réussie des adaptations contemporaines de thèmes antiques.

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Re: Le Français, 1ère année - Bac

Message par sinogirl le Ven 19 Jan 2007, 06:49

Intérêt littéraire

Anouilh, dans "Antigone", introduisit une modernité qui fait que, loin des vers du grand poète grec, son langage est une prose simple, familière, accessible. Il a traduit de Sophocle des expressions ou des tours de phrases particulièrement énergiques, mais il y a mêlé d'autres tons.
Le style est familier lorsqu’Antigone est appelée « la petite maigre », lorsque la nourrice la gronde, que Jocaste est appelée «madame Jocaste» ; lorsque les gardes font leurs plaisanteries vulgaires ou grossières ; lorsqu'Antigone veut montrer son mépris à Créon (elle le tutoie, le traite de «cuisinier» parce qu’il lui a parlé auparavant de «la cuisine» de la politique. On trouve encore ces constructions populaires : «un garçon que tu ne peux pas dire à ta famille» - « il n'y a rien à faire » - « voilà » - « il a été trouvé Antigone ».
Le style est brutaI, plein d'ironie, de sarcasme, lorsque Créon veut mettre sa nièce en face de Ia réalité et la faire renoncer à l’image idéalisée qu’elle s’est bâtie de ses frères.
Le style est pressant, haletant, passionné, dans le dialogue entre Créon et Antigone.
Le style est poétique (Anouilh ayant manifesté la volonté d’«une langue poétique et artificielle qui demeure plus vraie que la conversation sténographiée») lorsqu’Antigone se blottit contre sa nourrice, qu’on entend «Ies mille insectes du silence qui rongent quelque chose, quelque part dans la nuit», qu’elle évoque «le jardin qui ne pense pas encore aux hommes», qu’ellerêve à sa solitude secrète et irréalisable et à un univers sans les êtres humains, qu’elle se lamente sur son supplice. Mais le style est poétique aussi chez Créon : «Quel breuvage, les mots qui vous condamnent. Et comme on les boit goulûment», dans sa métaphore suivie de «la barque à mener», dans sa comparaison : «la vie, c’est une eau».
Ce mélange des tons, rendant la tragédie familière et même bouffonne, concourt à la ramener au niveau du drame.
Intérêt documentaire

L'influence de Giraudoux étant, à ce point de vue, flagrante, Anouilh, au moyen des didascalies et du dialogue, ancra ses personnages antiques dans un univers quotidien.
Il y a peu d’éléments antiques, peu de couleur locale. La Grèce évoquée en filigrane à travers telle ou telle réplique n'est pas très fidèle, qu'il s’agisse de !a mentalité de ses habitants ou des figures des personnages. Comme le dit Antigone dans une des premières répliques, c'est une Grèce de «carte postale» ! Dans les mœurs évoquées, sont anciens la condamnation de Polynice à «errer éternellement sans sépulture», les tortures évoquées par Créon («Si j'étais une bonne brute ordinaire de tyran, il y aurait longtemps qu'on t'aurait arraché la langue, tiré les membres aux tenailles, ou jetée dans un trou.», l'ordre dans lequel elles sont mentionnées n'étant pas indifférent : elles visent à empêcher de communiquer par la parole, d'agir avec le corps, puis d'être « jetée dans un trou », alors qu’il refuse d'enterrer Polynice), les rites funéraires (qui sont ridiculisés par Créon). En fait, Anouilh ne s’intéressa ni à l'Histoire ni à la géographie, ni à l’anthropologie, mais à d’obsédantes images de la condition humaine qui est éternelle, d'où des anachronismes.
Les costumes qu’il a voulus ne sont pas anciens, mais neutres et intemporels. Quand le Chœur les présente, les attitudes des personnages sont loin de la grandeur antique : «ils bavardent, tricotent, jouent aux cartes», appartenant donc plus au drame bourgeois. Et leur langage est simple et même familier.
De flagrants anachronismes sont habilement introduits, en particulier pour l’évocation de la vie de Polynice (cigarettes, voitures, bars). On trouve encore d’autres objets (le fusil, la robe de soirée, le rouge à lèvres, le café et les tartines qu'apporte la nourrice, les cartes avec lesquelles jouent les gardes, les menottes), des attitudes (le roi qui se met les mains dans poches), des gestes (la reine qui tricote), des activités (les gardes dont les noms, les préoccupations font des caricatures du militaire de carrière, preuve de l’antimilitarisme d'Anouilh - la mention du «parti»), des loisirs (les cartes, le bal). Les rites funéraires étant évoqués aussi avec beaucoup d'anachronisme, Anouilh fait preuve d'un véritable anticléricalisme. Ainsi, la Grèce d’Anouilh ressemble souvent étrangement à Paris et à sa banlieue.
On peut reprocher à ces anachronismes de n’être pas complets. On peut considérer aussi qu’ils ne sont pas justifiés, n’ajoutant rien au pathétique. Mais ils ont pour vertu d’humaniser la pièce, de la rendre plus accessible au public du XXe siècle, tout en préservant son essence.


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Re: Le Français, 1ère année - Bac

Message par sinogirl le Ven 19 Jan 2007, 06:49

Intérêt psychologique

Anouilh a-t-il créé des personnages vrais, crédibles, profonds, multidimensionnels, qui évoluent?
Les personnages appartenant au peuple, comme la nourrice ou les gardes, sont des personnages de comédie. Ce sont aussi des victimes silencieuses comme l’est Eurydice qui, chez Anouilh, est dépourvue de toute grandeur tragique, de raison même.

On peut voir dans la pièce un conflit de générations, entre Créon et les jeunes gens.

Créon
n’a pas le sang d’Oedipe et échappe donc à cette passion de l’absolu qui voue les membres de cette famille à la fatalité. Jeune homme, il a peut-être été celui que décrit Antigone avec mépris, qui aurait été semblable à elle. Il aurait d’abord cru à une vie idéale, mais, l’ayant jugée impossible, il s’est résigné à un sage bonheur de tous les jours, qui le rend calme et doux, désabusé et amer («On est tout seul» : on meurt seul). Il est devenu sceptique : il ne croit ni aux dieux ni aux grands mots ni à la société (toutes ses attaques ironiques contre elle) au point qu’on a pu dire de lui que, ne croyant à rien, il est le vrai anarchiste de la pièce. Mais il est fidèle à une sorte de morale laïque fondée sur l’honnêteté, sur l’altruisme. C’est pourquoi il fait son métier de roi, par obéissance à un devoir purement pragmatique, en connaissant la vanité du pouvoir, en dépouillant sa fonction de toute espèce de sublime. Il sert l’État, mais en lui refusant tout caractère sacré (il est l’antithèse d’Oedipe). C’est pourquoi aussi il cherche à aider sa nièce, qu’il prend le temps d’essayer de la convaincre, avec une grande habileté de dialecticien et qu’il y parviendrait s’il ne manquait pas de psychologie, s’il n’allait pas trop loin en lui tenant un langage paternel, en lui rappelant son enfance, en ne ménageant pas son orgueil («il n’y a pas longtemps encore tout cela se serait réglé par du pain sec et une paire de gifles» - «ta première poupée, il n’y a pas si longtemps») : il ne faut pas humilier l’adversaire qu’on a vaincu. Surtout, il prononce le mot qu’il ne fallait pas prononcer : «bonheur». En véritable chef, il se montre d’une fermeté inébranlable quand la nécessité lui a paru de s’imposer une tâche et, puisque Antigone s’entête dans son opposition, il la châtie. Il est donc courageux et le prouve encore quand, la catastrophe le frappant, il n’en est pas écrasé, mais réagit avec une force tranquille et sans illusions, qui fait de lui le grand vainqueur de la pièce.

S’opposent à lui les jeunes qui représentent trois degrés dans la détermination :

Ismène
, resplendissante de beauté, est plus âgée et plus réfléchie. Face à la possédée qu’est Antigone, elle est une raisonneuse ; son vocabulaire est celui la réflexion, de la pondération, de la compréhension. «Dans cette famille de fous, elle a fait de la santé mentale son affaire personnelle» (Steiner) : «Je comprends un peu notre oncle». Toutefois, sa dernière sortie est ambiguë : elle assure à Créon que c’est elle qui, le lendemain, se glissera hors de la cité pour aller enterrer Polynice. Pourtant, elle avait peur de la mort et de la populace autour de la charrette des condamnés.

Hémon
est une sorte de double masculin d’Antigone mais beaucoup plus conciliant qu’elle : «C’est plein de disputes, un bonheur». Très jeune, encore adolescent, il n’est pas encore dégagé de la soumission à l’image du père tout-puissant. Beaucoup plus faible qu’elle, il l’appelle au secours, mais, finalement, renonce lui aussi à l’existence.

Antigone est double (peut-être à cause de l’amalgame qu’ a fait Anouilh de l’héroïne antique et du type de la jeune fille dans son théâtre) et, si elle n’évolue pas vraiment, elle connaît, dans son affrontement avec Créon, un fléchissement bien net pour se cabrer à nouveau sur un mot bien précis.

D’un côté, elle est faible
: D’abord, par son aspect physique, celui d’«une maigre jeune fille»moineau, tu es trop maigre»), «noiraude, pas belle, pas coquette et renfermée, que personne ne prenait au sérieux». Petite fille malgré ses vingt ans, quelque peu infantile («la petite pelle» utilisée pour recouvrir le corps de Polynice), puérile dans les craintes qu’elle exprime à sa nourrice avec laquelle elle se fait enfant alors que, peu à peu, elle aspire à un rôle de mère protectrice, toute-puissante, elle n’appartient pas au monde des grands.
Elle est héréditairement orgueilleuse : elle a «l’orgueil d’Oedipe» et Créon ironise : «Le malheur humain, c'était trop peu. L'humain vous gêne aux entournures dans la famille. Il vous faut un tête-à-tête avec le destin et la mort.» Si elle est lointaine, c’est qu’elle se plaît à être tenue à l’écart. Elle dit d’elle-même qu’elle est «la sale bête, l’entêtée, la mauvaise et puis on la met dans un coin ou dans un trou». Son aristocratisme est flagrant : mépris pour la Grèce de carte postale que le commun aime, mépris pour le peuple à travers les gardes, mépris de la laideur, mépris de ceux qui se contentent d’une vie de «cuisiniers». C'est donc par orgueil qu'elle refuse radicalement Ie bonheur individuel, aspiration vulgaire, commune. Un peu colérique, elle est butée, rejette les compromis et dit non à ce qu'elle ne comprend pas, ou à ce qu'elle entrevoit : un bonheur sans surprises.
Adolescente typique, elle dit « non » au bonheur commun, comme elle dit «non» à la loi sociale parce qu’elle est celle des adultes, dans une révolte anarchiste contre tous ceux qui la font obéir depuis son enfance. A-t-elle d’autre raison d'agir que le sentiment orgueilleux d'un devoir à remplir vis-à-vis de soi-même?
Elle aspire à la pureté, désir qui est, en fait, fondé sur un égoïsme foncier. Elle n’est donc pas une Jeanne d’Arc qui voudrait sauver le monde. Ce qu’elle veut, c’est «tout, tout de suite», dans une volonté de toute-puissance irréaliste, typique de l’adolescence, folle exigence qui est presque comique, mot d’ordre des enfants gâtés. Elle a la tête gonflée d’illusions, mais doit devenir ce qu’elle est profondément, jouer le rôle pour lequel elle est faite.
Elle se montre avide de vie, de bonheur et d’amour quand elle révèle son goût sensuel pour le matin où elle est allée voir «le jardin qui ne pense pas encore aux hommes», qui est donc comme l’Éden avant la création d’Adam, le paradis perdu, un moment où l’être humain, étant absent, pourrait être oublié. Elle dit qu’elle «aurait bien aimé vivre», posséder le monde, et rêve de se régénérer en abolissant le temps.

D’un autre côté, elle peut paraître forte. Grave et dure, elle «va être Antigone tout à l'heure, eIle va pouvoir être elle-même», annonce le Chœur, elle va se déclarer, comme le dit le mendiant d’Électre dans la pièce de Giraudoux (Électre qui, d’ailleurs, s’oppose à Égisthe de façon analogue).
Son égoïsme, son orgueil, son aristocratisme, lui font relever des défis. Elle défie sa nourrice et surtout Créon, c’est-à-dire la cité, le pouvoir, l'autorité, étant ainsi amenée à accomplir son destin tragique. Refusant l'usure de la vie, constatant que la perfection ne lui est pas accessible, sentant qu’on veut la contraindre à une transaction sans grandeur et à une dégradation inévitable, elle préfère le désespoir et la mort, qui l’exalte, pour s'opposer à l'ordre et inquiéter la tranquillité des autres. Créon, cette fois-ci en bon psychologue, découvre que cette envie de mourir est la vraie raison qui l’a fait agir. Cette mort, elle la choisit avec défi : «J’étais certaine que vous me feriez mourir au contraire.» Certes, sa résistance est faite de blessures, de meurtrissures et d'effroi, mais elle triomphe : « Pauvre Créon ! Avec mes ongles cassés et pleins de terre et les bleus que tes gardes m'ont faits aux bras, avec ma peur qui me tord le ventre, moi je suis reine. »
Dans son idéalisme, elle se montre intransigeante et même irrationnelle, ne voulant pas comprendre, ne voulant pas avoir raison, refusant même la discussion, s'enfermant dans un entêtement aveugle : «Si jeunesse savait», dit-on, mais Antigone, précisément, ne veut pas savoir. Elle affirme avec passion l’aspiration à une vie intense et pure où un être, toutes chaînes rejetées, en révolte face au pouvoir, à l'injustice et à la médiocrité, s’accomplit absolument sans faire de compromis. Mais cet absolu est un absolu sans contenu qui ne sait que dire non parce que la vie et le bonheur ne répondent pas aux rêves d'une enfant.
Atteindrait-elle plus de maturité et d'humanité en étant amoureuse d'Hémon? Cet amour n'est jamais exprimé chez Sophocle. Il semblerait, à première vue, qu'Anouilh fit une interprétation romantique du personnage. Mais aime-t-elle vraiment Hémon ou n'aime-t-elle pas un Hémon idéal qui n’existe pas et qui, en tout cas, ne résisterait pas au passage du temps? Son «amour» ne date-t-il pas de la veille? elle a séduit Hémon en se déguisant, mais ça s'est terminé par une dispute et elle tique déjà sur le mot «bonheur» (est-ce qu'on ne refuse pas le bonheur quand on se sait incapable de le connaître? ne saurait-elle pas, par hasard, qu'elle ne peut le connaître, qu'elle est frigide? elle dit bien qu’elle ne se sent pas tout à fait «une vraie femme»). N'est-elle pas allée le voir pour faire une expérience (perdre sa virginité?) avant de mourir puisqu'elle sait que c’est à ça qu'elle se voue? Avec Hémon, elle a des moments de tendresse. Mais, vite, elle se dresse, lui échappe. Quand elle parle à Créon de son prétendu amour pour Hémon, elle le veut conforme à sa volonté, elle veut le dominer, elle veut qu’il soit à sa botte.
Son vrai amour, elle le porte à son frère, Polynice. Mais ce n'est, comme elle le révèle elle-même dans son seul moment d'abandon, que la fascination d’une petite fille (étrange soumission de cette rebelle : «J’étais une fille», en contradiction avec, au début, «Ai-je assez pleuré d'être une fille !» pour un grand frère qui est un voyou).
Or c'est quand Créon lui a révélé qui était vraiment Polynice, qu'il lui a même dit qu'il n’était pas sûr du tout que le corps auquel elle voulait rendre les rites funèbres soit le sien qu’Antigone vacille, écoute, acquiesce. Ses rêves puérils d'héroïsme se sont écroulés.
Mais, comme on l'a déjà vu, Créon commet la maladresse d’évoquer le «bonheur» qu'elle méprise d'autant plus qu'elle s'en sait incapable, et cela lui donne l'occasion d'une deuxième révolte qui n'a plus rien à voir avec les problèmes fondamentaux auxquels elle se référait auparavant : elle est le résultat d’un retournement psychologique : «Elle recule de façon hystérique devant la félicité domestique» et décide de «mourir dans l’immédiat de sa virginité» (Steiner). On pourrait dire aussi qu'elle voulait mourir, qu'elle voulait être sacrifiée d'abord pour un idéal et qu'elle se suicide parce qu'elle a perdu cet idéal, parce qu'elle veut simplement rester fidèle à elle-même, même si c‘est absurde comme elle le reconnaît dans sa lettre à Hémon. Elle avoue qu’elle a voulu mourir, que Créon avait raison, qu’elle ne sait plus pourquoi elle meurt. Elle comprend seulement alors «combien c'était simple de vivre». Elle meurt «pour rien».

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Re: Le Français, 1ère année - Bac

Message par sinogirl le Ven 19 Jan 2007, 06:49

Intérêt philosophique

Même si Anouilh a toujours déclaré qu’il refusait le théâtre à thèse, il n’empêche qu’il a fait un théâtre d’idées (comme Giraudoux, Sartre, Camus), que sa pièce illustre une philosophie.
Avant "Antigone", ses thèmes étaient le déterminisme, l’aristocratisme, l’impossibilité de l’amour. Il montrait le poids de l’hérédité, du carcan social : tous ses personnages étaient rigoureusement enfermés dans leur destin. Mais ils appartenaient à une petite minorité d’élus qui, adolescents plus ou moins attardés, restaient fidèles au monde pur des rêves de leur enfance, même s'ils constataient qu’il ne correspondait pas à l’existence réelle, refusaient les compromissions, s’en prenaient à la médiocrité de ce que les hommes appellent le bonheur. L’aristocratisme d'Anouilh, qui se manifeste aussi chez Antigone se traduit par le dégoût pour le peuple qui étalerait sa sottise et sa cruauté inconsciente lorsqu'un semblant d’autorité le lui permettrait. Enfin, chez lui, le drame commence lorsque les héros, qui sont voués par définition à la solitude, croient pouvoir demander à l’amour la réalisation de leur idéal alors que cet amour n'est justement réalisable que dans un rêve, conception très romantique de l'amour et de la mort.
L’affrontement entre Antigone et Créon peut être envisagé à trois plans différents :

Pour le plan politique
, on ne peut manquer de considérer le moment où la pièce a été composée et représentée. C’est une pièce des années noires, lorsque la France, qui avait connu la défaite, était à moitié occupée par les Allemands et soumise au régime de Vichy, dirigé par Pétain, qui collaborait avec eux.
On a vu qu’Anouilh avait été incité à l’écrire en août 1942, à la suite de l’attentat commis par un jeune résistant, Paul Collette, qui tira sur un groupe de dirigeants collaborationnistes au cours d'un meeting de la Légion des volontaires français (L.V.F.) à Versailles ; il blessa Pierre Laval et Marcel Déat. Le jeune homme n'appartenait à aucun réseau de résistance, à aucun mouvement politique ; son geste était isolé, son efficacité douteuse. La gratuité de son action, son caractère à la fois héroïque et vain frappèrent Anouilh, pour qui un tel geste possédait en lui l'essence même du tragique. Nourri de culture classique, il songea alors à l’’’Antigone’’ de Sophocle, qui pour un esprit moderne évoque la résistance d'un individu face à l'État. Elle avait « été un choc soudain pour [lui] pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges ». Il la traduisit, la retravailla et en donna une version toute personnelle. La nouvelle Antigone est donc issue d'une union anachronique, celle d'un texte vieux de 2400 ans et d'un événement contemporain.
Avec ses « petites affiches rouges », on pourrait croire que le dramaturge faisait allusion à "l'affiche rouge" popularisée par le poème d’Aragon (mis en musique par Léo Ferré), une affiche de propagande nazie qui présentait le groupe de résistants de Manouchian (francs-tireurs partisans qui étaient des immigrants et qui avaient été exécutés comme s’ils étaient des criminels). Mais elle parut en février 1944, alors qu’"Antigone" fut créée au tout début de ce même mois et écrite deux ans auparavant. On peut supposer qu’Anouilh, ayant écrit ce petit texte au moment de l’édition de la pièce assez longtemps après son écriture, n’ait gardé qu’un souvenir imprécis de la chronologie.
Quoi qu’il en soit, il fit d’autres vagues allusions à la Seconde Guerre mondiale, au fascisme, et la pièce était donc, à sa création en 1944, une oeuvre d’actualité. Et les questions s’imposent : ne faisait-il pas d’Antigone le symbole du patriotisme, de la Résistance, de la résitance à tous les totalitarismes, son « Il faut faire ce que l'on peut » ayant pu être perçu comme un cri de ralliement plus ou moins «crypté»? en réhabilitant Créon, ne justifiait-il pas Pétain et le régime de Vichy? On assiste à un interrogatoire au cours duquel Créon fait des allusions très claires à la torture, proférant des menaces pour tenter de sauver Antigone de l'arrêt de mort qui condamne tout opposant à l'interdiction d'enterrer Polynice, cet interrogatoire pouvant passer pour celui que subirait un résistant dont on tenterait de sauver la vie, à la condition qu'il renonce à son acte.
Même si les positions politiques ultérieures d'Anouilh, et tout son théâtre, plein de personnages cyniques et désabusés, le situent dans un conservatisme ironique, on peut postuler qu'’’Antigone’’ est en fait une réflexion sur les abominations nées de l'absence de concessions, que ce soit au nom de la Loi (Créon) ou au nom du devoir intérieur (Antigone). C'est le drame de l'impossible voie moyenne entre deux exigences aussi défendables et aussi mortelles, dans leur obstination, l'une que l'autre.
Au-delà de cette situation particulière, Créon représenterait la politique elle-même qui est l’art du possible, la «realpolitik», la raison d’État, l’exercice du pouvoir comme un métier, la soumission du dirigeant à la loi («Je suis le maître avant la loi. Plus après») et Antigone incarnerait le refus de toute politique, le refus des lois contingentes et historiques, l’exigence de liberté, voire l'anarchisme, la crainte du pouvoir, la révolte.

Sur le plan moral, le conflit entre Créon et Antigone est d’abord un conflit de générations. On peut même considérer qu'Anouilh adulte dialogue avec le jeune homme qu’il a été. L’adolescence, c'est le temps de l'affirmation du moi, de la volonté de liberté, de l’irrationalité, de l’opposition au monde extérieur, à la société, aux parents, aux professeurs, aux policiers ; c'est I’âge de la sensibilité à fleur de peau, de la difficulté de vivre qui est revendiquée contre le bonheur, même du refus de la vie, en un mot, du « non ». L’âge adulte est celui de la nécessaire reconnaissance des autres « mois », des autres libertés, de la prise en considération de l'humanité, de l'altruisme, de l'acceptation des compromis, des solutions moyennes, de la recherche du bonheur et de la rationalité.
Le conflit entre Créon et Antigone est aussi le conflit entre les sexes, si on en croit des féministes qui rejettent la rationalité qui serait masculine pour privilégier la sensibilité qui ne serait que féminine. Antigone incarne justement cette sensibilité, cet égoïsme, cette irrationalité, cette révolte contre Ies règles, jugées stupides, du monde adulte, cette difficulté à vivre, ce non absolu qui conduit à la mort, ce goût de la tragédie. Créon, au contraire, c’est l’adulte à l’humanité tranquille, qui fait preuve de rationalité, d’intelligence, de bon sens, d’altruisme, qui n’attend qu’un petit bonheur, qui accepte le drame, qui dit « oui » à la vie avec ses compromis et ses crimes, qui maintient l’équilibre entre l’action et la contemplation, sa maturité qui fait renoncer à l'idéal mais donne à l’être humain toute sa grandeur.

Sur un plan philosophique, s’opposent droits de la conscience et raison d’État ; intransigeance et concessions ; passion et raison ; individualisme (et même solipsisme) et humanisme ; absolutisme et relativisme ; idéalisme (romantisme, mysticisme et même utopisme, idée trop parfaite et trop pure du bonheur) et réalisme, nécessités de l'existence ; révolte et soumission à la condition humaine qui est de subir le temps.

Ces valeurs antithétiques sont, dans la tragédie de Sophocle, également défendables, réclament les unes comme les autres l'exclusivité de leur droit, n'arrivent pas à l'harmonie. Ce qui a fait dire que «Antigone a tort d'avoir raison tandis que Créon a raison d'avoir tort», que, sur le plan inférieur, celui de la vie réelle, elle a tort, tandis qu'elle a raison sur le plan supérieur, celui de l’idéal. Mais ce n'est pas le cas dans la version d'Anouilh où Antigone a, sans aucun doute, tort et Créon raison.

Déjà le théâtre de l’absurde? Il est bien difficile de déterminer pourquoi Antigone choisit de mourir. Elle dit mourir pour «rien». On a donc pu se demander si Anouilh n’introduisait pas le public de 1943 dans l’univers de l’absurde, où l’être humain ne peut plus se raccrocher à quelque certitude, dans un univers mouvant où, livré à lui-même, il protège son bonheur fragile contre les assauts de ses insatisfactions et de ses inquiétudes.

Destinée de l’oeuvre

La pièce fut composée sous sa forme quasi-définitive en 1942, et reçut à ce moment l'aval de la censure hitlérienne. Sans doute à cause de difficultés financières, elle ne fut créée que deux ans après, le 4 février 1944, au théâtre de l’Atelier, dans un Paris encore occupé, dans une mise en scène d’André Barsacq, avec Suzanne Flon dans le rôle d’Ismène (afin de faire face au froid, elle portait sous sa robe blanche des pantalons de ski). Elle connut un triomphe, ayant plus de cinq cents représentations.
Mais elle engendra une polémique, des réactions passionnées et contrastées. Le journal collaborationniste ‘’Je suis partout’’ la porta aux nues : Créon est le représentant d'une politique qui ne se soucie guère de morale, Antigone est une anarchiste (une « terroriste », pour reprendre la terminologie de l'époque) que ses valeurs erronées conduisent à un sacrifice inutile, semant le désordre autour d'elle. Des tracts clandestins, issus des milieux résistants, menacèrent l'auteur accusé de défendre l'ordre établi en faisant la part belle à Créon.
Mais simultanément, on entendit dans les différences irréconciliables entre Antigone et Créon le dialogue impossible de la Résistance et de la collaboration, celle-là parlant morale, et celui-ci d'intérêts. L'obsession du sacrifice, l'exigence de pureté de l'héroïne triomphèrent auprès du public le plus jeune, qui aima la pièce jusqu'à l'enthousiasme. Les costumes qui donnaient aux gardes des imperméables de cuir qui ressemblaient fort à ceux de la Gestapo aidèrent à la confusion. Pourtant, même sur ces exécutants brutaux, Anouilh ne porta pas de jugement : aussi ne pas juger ces « auxiliaires de la justice », les excuser même, un an après la rafle du Vel'd'Hiv pouvait paraître un manque complet de sensibilité - ou la preuve d'une hauteur de vue qui en tout cas démarqueait la pièce de l'actualité immédiate.
Après une interruption des représentations en août 1944, due aux combats pour la libération de Paris, elles reprirent normalement.
Elle fut ensuite à nouveau représentée à Paris en 1947, 1949 et 1950, mais aussi dès mai 1944 à Bruxelles, en 1945 à Rome, et en 1949 à Londres.
En 1961, Jean Anouilh en donna une lecture à voix haute enregistrée par Alexandre Caparis : s’impliquant dans chaque personnage, il captive et émeut.

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Re: Le Français, 1ère année - Bac

Message par sinogirl le Ven 19 Jan 2007, 07:39

Résumé de " Le dernier jour d'un condamné "


Par Victor Hugo
Au 19ème siècle, à Paris, les exécutions des condamnés à mort se faisaient publiquement, place de Grève. La place était chaque fois noire de monde. Le peuple de Paris et des environs se déplaçait voir le condamné affronter la mort. Dans la foule se trouvaient de jeunes enfants, des hommes et des femmes de toutes classes sociales attendant l'arrivée de la charrette, des curieux qui lors des préparatifs questionnent le bourreau... Certaines personnes louaient leurs fenêtres qui donnaient sur la place, d'autres invitaient à manger leurs amis à cette occasion. Ces exécutions étaient donc très populaires, on peut même parler de phénomène de société.
Victor Hugo a été, dans son enfance, fortement marqué par la vision d'un homme qu'on mène à l'échafaud. Depuis, assister à une exécution lui est insoutenable. Un jour, alors qu'il se promenait dans Paris, il aperçu un bourreau qui préparait sa guillotine, il répétait. La première pensée qui lui traversa l'esprit fût pour le pauvre homme qui au moment même ou le bourreau graisse la rainure de la guillotine, se débat dans sa cellule et se tourmente. Le lendemain, il se mit à écrire « Le dernier jour d'un condamné », qu'il termina en trois semaines ! Par ce manifeste, Victor Hugo s'insurge contre la peine de mort, il démontre dans ce livre qu'il est un artiste engagé et militant.
Le dernier jour d'un condamné est le journal intime d'un condamné à mort, anonyme, qui nous fait partager les derniers jours de sa vie, ses pensées à l'approche du jour fatidique, ses dernières pensées au moment de monter sur l'échafaud... Il retrace sa condamnation, sa vie dans le milieu carcéral mais surtout, il évoque la mort, son état d'esprit face à cette mort programmée.
Le condamné est anonyme, on ne connaît ni son nom, âge ou crime. On sait qu'il est marié et père d'une fillette de 3 ans, Marie. On suppose qu'il est jeune, trop jeune pour mourir. Les feuillets de son journal racontant sa vie ont été perdus, on ne sait donc rien de lui.
Le détenu nous fait part de son désespoir, de son désarroi face à la mort. Il implore qu'on lui laisse la vie sauve, il refuse de mourir. Il préfère souffrir, même être forçat, que de passer sous le couteau de la guillotine qui est pour lui effrayant tant par la machine elle-même que par son nom, car elle représente sa propre mort. Puis, il finit par se résigner, il commence à accepter sa mort, à l'affronter. La peur de la guillotine a disparu mais, il se questionne sur son destin dans l'au-delà et l'imagine de diverses façons. Il parle d'un retour place de Grève, sous forme de spectre, pense au paradis comme étant un endroit de lumière, à l'enfer... Il imagine que, après sa mort, son esprit errera dans un de ces endroits pour l'éternité.
Le roman est écrit à la première personne, l'auteur a recours à la focalisation interne, procédé littéraire qui permet de se mettre plus facilement dans la peau du personnage. Cette méthode fait passer plus aisément les émotions et les pensées les plus profondes du condamné et les transmet directement au lecteur.
Victor Hugo ne mentionne pas le crime commit par le condamné afin de faire passer le message suivant au lecteur : qui que ce soit, quoi qu'il ait fait, il ne mérite pas de mourir ainsi, c'est un être humain à part entière. Le forçat, quant à lui, reste dans l'anonymat afin qu'on le reconnaisse comme un parmi tant d'autre, qu'on ne parle pas d'un condamné en particulier mais de tous
On se plonge vraiment dans ce livre, on se met aisément dans la peau du personnage, partageons ses pensées, ses angoisses et vivons avec lui sa sentence. En plus d'être captivant, il est écrit de façon simple et claire. Il est donc très accessible et vous l'aurez dévoré en un rien de temps car une fois commencé on ne veut plus s'arrêter !

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Re: Le Français, 1ère année - Bac

Message par sinogirl le Ven 19 Jan 2007, 07:52



[size=24]Fiche de lecture
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Le Dernier Jour d'un Condamné de Victor Hugo



Résumé

Ce document comporte les résumés complets de chaque chapitre du livre "Le dernier jour d'un condamné". Au total, 49 résumés des différents chapitres sont donc présentés en une ou plusieurs lignes.

Extrait:

Chapitre 21

Un prêtre est entré dans le cachot puis un autre homme est venu et lui a lu une lettre disant que le procureur général refusait son pourvoi (demande de rejugement).

Chapitre 22

On l'emmène au Palais de justice en carrosse en attente de son exécution.

Chapitre 23

Arrivé au Palais de justice, on l'enferme dans une pièce en attente d'être exécuté, où il rencontrera un vieil homme qui a lui aussi été condamné à mort mais contrairement à lui, c'est le début de son séjour en prison. Cet inconnu lui raconte son histoire. Les deux hommes échangent leur manteau.

Chapitre 24

Il exprime sa colère envers l'autre homme qui lui aurait apparemment forcé à lui échanger son manteau ...

sinogirl
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Re: Le Français, 1ère année - Bac

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